BILLET : A-t-on encore besoin des conseils municipaux?
Par Mario Dufresne
Les plus vieux se souviendront des débats animés qui, au-delà de l’arène politique, se répercutaient dans les chaumières jusqu’au moment du vote et même après. Un constat valableégalement lors des élections municipales. Mais, si on regarde ce qui se passe aujourd’hui, cela semble relever du folklore. Qu’est-ce qui s’est passé pour provoquer un tel changement?Regardons ça de plus prèschez nous.
Parmi les municipalités desservies par Le Cantonnier, DEUX seules, Saint-Joseph-de-Coleraine et Beaulac-Garthby iront en élection pour le poste de maire. Et je ne suis pas certain que le taux de satisfaction de la population explique tout.
C’est donc, disais-je, 11 des 13municipalités de la région où le poste de maire a été pourvu sans opposition, ce qui est loin de susciter l’intérêt des citoyennes et citoyens à la question de politique municipale. En revanche, force est de constater que c’est quelque peu différent pour les postes de conseillers et conseillères, et ce, même si plusieurs ont retrouvé leur siège comme ils l’avaient laissé.Toutefois, 9 municipalités ouvriront leur bureau de scrutin le 2 novembre, cela variera entre 1 et 5 postes ou districts où il y a divergence d’idées.
Or, il n’en demeure pas moins que trois municipalités annoncent complet.
Bien sûr, cela peut paraître réconfortant puisque ce sont des dépenses en moins, des chicanes inutiles, etc. Et ce n’est pas complètement faux. Mais que devient la participation citoyenne?
Pourtant, ce sont les élus municipaux qui s’occupent de ce qui touche le plus notre quotidien : routes, parcs, loisirs, sécurité, développement local.Alors quelle est la cause de ce désengagement vis-à-vis la politique municipale?
Au risque de me répéter, j’insiste sur le fait que la tâche est de plus en plus exigeante, la bureaucratie imposée par les autres paliers de gouvernementsse faitpresquesans distinction pour leseffectifs dont peuvent disposer les petitesmunicipalités.Et c’est sans compter le peu de valorisation associée à la tâche,les critiques acerbes dont sont victimes les élu.e.s, quand ce ne sont pas carrément des menaces et, pour finir le plat,la rémunération très peu élevée,frôlant le bénévolat dans certains cas. Autant de situations qui peuvent également devenir des freins à quiconque voudrait se lancer dans l’aventure.
Alors, si on a répondu oui à la question posée dans le titre, une réflexion en profondeur s’impose à laquelle il faudra tenter d’apporter des solutionssusceptibles de raviver l’engagement pour la politique de proximité. Une réflexion à laquelle les citoyennes et citoyens doivent avoir leur mot à dire.
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