L’Humeur buissonnière

C’était la nuit, j’allais me coucher. J’ai pensé au geste d’écrire. Ce geste-là parmi tant d’autres. J’ai pensé à des amis artistes qui m’écrivent et cherchent du sens « à tout ça ». Bien que ça frise parfois et souvent la naïveté, mon affaire, je suis d’une nature plutôt optimiste et positive. Ou j’ai simplement appris depuis le temps à me contenter de peu. La contemplation, le rien, le vide, ne sont pas que des notions philosophiques, elles participent à mon mode de vie. Quoi qu’il en soit, ce n’est pas mon propos, excusez la digression.

Sur la pensée de l’écriture, un soir, après une journée de télétravail s’est ouverte la fenêtre plus large de l’art en général, qui part d’un point infinitésimal dans l’univers, un presque rien, un ange qui passe et dépose ce qu’on appelle communément une « inspiration ». Les artistes sont des professionnels, au sens social : des gens ayant acquis au fil des années une expérience basée sur une pratique assidue et laborieuse, basée sur une formation rigoureuse – j’insiste – et continue, autodidacte ou autre, basée sur une foi ivre et inflexible.

Photo par Linda Pimparé

Ainsi, sans vouloir réduire la pratique artistique à une spontanéité ou à une facilité, je me demandais ce soir-là en allant me coucher si certains « autres » gestes pouvaient aussi s’en réclamer. Je me rappelais une photo postée à un camarade à la dérive qui lui fit tant plaisir. Ou encore, je songeais à ces courts poèmes journaliers en forme de haïku qui partent chaque matin par le premier courriel depuis le début du confinement souhaiter une bonne journée aux collègues.

Je ne cherche pas à provoquer un débat pour savoir ce qui relève de l’art ou pas, juste agrandir l’ouverture pour ventiler l’air pandémique qui vicie nos vies. Par ailleurs, mon amie Lise me vantait l’autre jour l’excellent film qu’elle venait de voir à Sherbrooke : Nomadland de Chloé Zhao. En attendant de retourner au Cinéma du lac et ayant toute confiance en la finesse et le bon jugement de cette cinéphile passionnée, je vous le recommande. Comme je le disais l’autre fois, une petite balade, ça fait toujours du bien.

Dyane Raymond
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