L’Humeur buissonnière

Par Dyane Raymond

Période de transition. Le contraire d’un chemin de traverse puisque souvent on emprunte le trajet le plus long pour y parvenir. Y?  Quel est ce « y »? Où est-il? Que fait-il? 

Là, en tout cas, où il n’y a pas de raccourci possible. On ne sait pas où on va; et même si on croit le savoir, on ne s’y rend pas tout de suite. Ou pas du tout. On erre vers de l’ailleurs. De l’autre. De l’autrement. Des transparences. Des opacités. Du solide. De l’immatériel. 

S’aventurer dans un rien inavouable. Qu’on n’a pas envie d’expliquer, encore moins de justifier. 

Il y aura des scintillements, des tremblements. Beaucoup de silences. De toutes sortes. Qui hurlent sans bruit. Qui accélèrent le rythme cardiaque. Qui effraient. Qui apaisent. Si on entend une musique, elle vient de l’inconnu, d’un regard, d’un élan, d’une peur. On ne s’y trompe pas, on tend l’oreille pour écouter les cigales qui chantent dans nos têtes; et on voit l’été de l’autre côté du miroir. 

Il y aura des trop et des pas assez. Des attentes, parfois vaines. Soudain surgira le bleu du ciel, et on se dira : ha ha! C’était donc ça! 

De l’abstraction naîtra le sens. Pas la direction. Et on verra une fleur, un fruit, une merveille, là où il n’y avait qu’une forme, un cotylédon. 

On sentira le printemps pousser de toutes ses forces et la seule certitude à savoir, c’est qu’il vaincra. Les érables ayant fini de donner leur eau, bourgeonneront tranquilles. Ce ne sera pas un feu d’artifices, c’est pourtant ainsi qu’il sera ressenti. Par ceux qui ne sont pas malheureux. Par ceux touchés par la grâce du vivre en paix. Par ceux qui se penchent pour ramasser l’araignée et la déposer dehors au lieu de l’écraser. Ce n’est pas un reproche, personne n’aime avoir une araignée dans les pattes. Tout le monde ne réagit pas pareil à ses frayeurs. Chacun et chacune aime ou n’aime pas, à sa manière. Mais j’oserais affirmer que ne pas aimer est une chose terrible. Car pour l’être, ne pas juger, condamner, mépriser, envier, etc. est essentiel. On ne peut pas sauver le monde, mais aimer sa douce y participe. On ne peut pas arrêter les guerres, mais ouvrir les bras tempère le chaos. Personne n’est forcé de croire à ça. Essayer de ne pas condamner ce qui, à première vue, pourrait sembler idéalisme ou naïveté; ne pas dédaigner un sourire. Dire oui, avant de dire non. Ou alors peut-être.

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