Parkinson : un amendement positif pour les agriculteurs

L’Union des producteurs agricoles (UPA) salue le dépôt, par le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, d’une proposition d’amendement au projet de loi no 59, loi modernisant le régime de santé et de sécurité du travail concernant la maladie de Parkinson.

« Les connaissances scientifiques récentes justifient l’ajout du Parkinson à la liste des maladies professionnelles reconnues par la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) qui bénéficient d’une présomption. Cela permettra d’alléger le fardeau de preuve des employeurs et des travailleurs agricoles qui ont été exposés aux pesticides et qui sont atteints de cette maladie », a déclaré le président général de l’UPA, Marcel Groleau.

Rappelons que, devant l’inquiétude grandissante des producteurs agricoles ces dernières années, l’UPA a demandé à l’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST) de faire le point sur le sujet. Le rapport d’expertise de l’IRSST, dévoilé en juillet 2020, fait état d’effets sanitaires scientifiquement avérés ou probables pour plusieurs pesticides utilisés au Québec. C’est pourquoi l’UPA a formellement recommandé, dans son mémoire sur le projet de loi 59, l’ajout à la liste des maladies professionnelles reconnues celles associées à l’exposition aux pesticides, à la lumière des connaissances scientifiques récentes.

Ajoutons que les pratiques pour protéger les cultures contre les ravageurs se raffinent et se diversifient. Les producteurs sont de plus en plus sensibilisés à l’impact des pesticides sur l’environnement et sur leur santé. Cependant, les alternatives à l’usage des pesticides demeurent limitées et la recherche doit se poursuivre. Le Québec possède une réglementation et un suivi de l’usage des pesticides parmi les plus exigeants au monde.

Pour l’UPA, il est impératif de rappeler que seulement le tiers des fermes québécoises sont actuellement inscrites à la CNESST. Le régime d’assurance de la Commission est conçu pour couvrir les employés. Le secteur agricole se compose surtout de petites entreprises ayant peu d’employés permanents à l’année. L’adhésion à la CNESST est donc perçue comme coûteuse, laborieuse et peu utile par des milliers de producteurs agricoles, propriétaires de leurs entreprises. C’est d’ailleurs pourquoi l’UPA recommandait dans son mémoire, outre l’adaptation des mécanismes de prévention à la réalité des employeurs agricoles, la création d’un fonds spécial pour indemniser toutes les personnes, incluant bien sûr les producteurs-propriétaires travaillant aux fermes du Québec.

« À l’heure actuelle, les producteurs atteints de la maladie de Parkinson et les travailleurs agricoles non inscrits à la CNESST ne bénéficieront pas de l’initiative du ministre Boulet. Le régime actuel est mal adapté à la réalité du secteur agricole et le gouvernement du Québec doit indemniser l’ensemble des personnes travaillant sur les entreprises agricoles qui ne sont pas inscrites à la CNESST », a conclu Marcel Groleau, ajoutant que des solutions doivent être trouvées et que l’UPA est prête à y travailler conjointement avec le gouvernement.

Source : Jessica Blackburn

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