Projet éolien des Hauts Reliefs : Faut-il avoir peur des éoliennes?

NDLR Depuis juin, le projet éolien des Hauts Reliefs du promoteur Capstone suscite des débats parfois animés dans les municipalités de Saint-Fortunat, Saint-Julien et maintenant à Saint-Jacques-le- Majeur. Pour mieux comprendre la situation, Le Cantonnier a rencontré les principaux acteurs dans le dossier, soit la MRC des Appalaches, les maires et les directrices générales de Saint-Fortunat, Saint-Julien et une représentante du Comité Éoliennes: choix éclairé en Appalaches.

Loin de nous l’idée de prendre position. Le souhait du Cantonnier est de contribuer à la compréhension de certains aspects de la situation.

Ce dossier est loin d’être complet.

Des textes complémentaires seront publiés sur le site Web du journal: www.lecantonnier.com.


Par | Mario Dufresne

Pour plusieurs, l’installation de parcs éoliens apparaît comme étant la solution pour la transition énergétique… Mais le discours se teinte de quelques nuances lorsque le territoire choisi se situe tout près de chez-soi. Alors les questions, voire les objections font surface. Est-ce bruyant? Est-ce que са peut affecter ma santé? Mon paysage? La valeur de ma maison? Les animаuх?

Le bruit
Les études retenues et analyses démontrent qu’il existe, dans certains cas, une association entre le niveau d’exposition au bruit audible ou des infrasons des éoliennes et le fort dérangement causé par le bruit. On parle de 10% des personnes qui seraient fortement dérangées par le bruit des éoliennes même à des niveaux inférieurs à celui recommandé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) soit 45 dBA Lden (Pondération fréquentielle qui simule la façon dont l’oreille humaine perçoit réellement les différentes hauteurs de sons selon que nous soyons durant la journée, en soirée ou la nuit Day-Evening-Night).

Mais, ici comme ailleurs, il en ressort qu’il est trop tôt pour tirer des conclusions définitives, “notamment en raison de la grande variabilité dans la proportion des personnes fortement dérangées d’une étude à l’autre et du faible nombre d’études de qualité ayant étudié ce sujet. ”

L’eau
Selon l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), il y a peu de données scientifiques sur les effets sur la santé liés à des enjeux de qualité et de quantité associés aux éoliennes. Toutefois, l’organisme mentionne la vulnérabilité des nappes d’eaux souterraines comme étant “un élément important à considérer dès le début afin de caractériser les risques pour les ressources en eau potable souterraine.” Mais pour l’instant, bien que l’on soupçonne que les multiples phases de construction et d’exploitation pourraient être associées à de potentiels risques de contamination chimique des eaux souterraines, l’Institut ne s’aventure pas plus loin. Davantage de connaissances, lit-on dans un document qui date de 2023, sur les impacts des activités reliés aux éoliennes sur la qualité de l’eau des nappes/ sources situées à proximité sont nécessaires pour une meilleure documentation des risques potentiels.

Les ombres mouvantes
Une autre hypothèse émise concernant les dangers des éoliennes réside dans le fait que le battement produit par les ombres créées par les pales pourrait causer l’épilepsie. Or, aucune preuve scientifique n’est venue appuyer ce point de vue. II ressort plutôt que, pour provoquer une crise d’épilepsie, il faudrait entre 150 et 2 400 clignotements par minute alors que la fréquence d’oscillation des ombres des éoliennes varie autour de 30 à 60 clignotements par minute, comme le rapportait l’organisme Équiterre dans un article paru en 2013 Toutefois, cela ne signifie pas que les ombres mouvantes, comme on les appelle, ne représentent aucun risque pour les populations environnantes. On parlera surtout de nuisance réelle causée par la projection d’ombres à l’intérieur des résidences. Mais, dit-on, la modélisation informatique des projets pourrait permettre de prévoir ce phénomène et, éventuellement, le réduire.

Dévaluation des propriétés
Contrairement aux idées véhiculées, il semblerait que les parcs éoliens ont généralement un impact faible ou neutre sur la valeur marchande des maisons situées à proximité. On parle de 1% à 1,5 % de baisse. C’est d’ailleurs l’une des raisons qui fait qu’afin de contrecarrer cet argument de la part des opposants, certains promoteurs versent des compensations financières directes (redevances annuelles) aux riverains habitant dans un rayon rapproché des installations

Qualité de vie
Si l’on ne peut, faute d’études suffisantes en nombre, affirmer que les éoliennes représentent un danger pour l’environnement et les populations qui vivent à proximité des parcs, on ne peut toutefois nier qu’elles sont à la source d’effets néfastes sur la santé, causés par le dérangement qu’elles provoquent et la nuisance à la qualité de vie qui leur est associée.

Le bruit, l’impact visuel sur le paysage les ombres mouvantes et les lumières clignotantes sont autant d’irritants qui varient en fonction des niveaux d’exposition propres à chaque source. Les effets sont également modulés par des facteurs personnels, sociaux ou d’autres natures (sensibilité à la source, présence d’un bénéfice financier direct, perception des risques, etc.).

On peut en conclure que rien n’est encore tout à fait clair en matière de risques associés aux éoliennes. Ni en faveur des défenseurs de leur implantation ni en faveur des opposants. Les études sont insuffisantes en nombre. Malgré tout, pendant ce temps, les projets se multiplient. Et les populations se divisent. Alors, faut-il avoir peur des éoliennes?

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