Des coûts évalués à 2 milliards de dollars
Une étude réalisée par Santé publique France* dressait un état des lieux de l’exposition professionnelle au bruit dans ce pays. Remarquez que l’étude fait état de 80 db (unité de mesure de la pression acoustique) pour 8 heures de travail continu, alors que chez nous la norme (récemment abaissée) se situe à 85 db. Donc, si nous étions en France le taux admis chez nous, dépasserait la norme permise et serait considéré à risque d’avoir « des conséquences fâcheuses. » On peut alors se demander pourquoi ce qui est dangereux outre-Atlantique, ne l’est pas de ce côté-ci de l’océan?
En dessous de 80 dB pendant 8 heures de travail, est considéré acceptable. “Les effets auditifs, comme les acouphènes, ou extra-auditifs, comme le stress, la fatigue, ou les troubles cardiovasculaires, sont alors réversibles, assure-t-on. Mais, et c’est là que nous sommes concernés, au-delà de 80 dB, les conséquences peuvent être bien plus fâcheuses. Le niveau est alors dit « lésionnel », ce qui signifie que les atteintes sont potentiellement irréversibles.” Ai-je bien entendu ? Vous avez dit irréversible ? Et l’avertissement se termine ainsi “peuvent, dans les cas les plus sévères, mener à la surdité.”
Beaucoup de bruit… pour rien
Le bruit se définit comme étant “un son indésirable, agressant ou incommodant”. L’exposition à des niveaux de bruit excessifs peut nuire à la santé et à la sécurité des travailleurs. La perte d’audition permanente est la principale conséquence d’une telle exposition au bruit.
Entre 1997 et 2022, la CNESST** a accepté près plus de 145 000 dossiers pour surdité professionnelle. En 2020-2021, une vaste enquête a estimé que près de 9 % des travailleuses et des travailleurs québécois étaient exposés à des niveaux sonores d’au moins 85 dBA (indique l’intensité sonore telle que perçue par l’oreille humaine) dans leur milieu de travail. En considérant l’ensemble des impacts pour la société (ex. : indemnités, frais médicaux et administratifs, perte de la qualité de vie), les coûts sociétaux occasionnés par la surdité professionnelle s’élevaient à un peu plus de 2 milliards de dollars seulement pour l’année 2017. Or, la réforme de la Loi du travail qui devait miser sur la prévention, n’a pas osé abaisser le seuil acceptable de décibels à 80db.
Et ce, malgré les nombreux rapports notamment de la CNESST, qui font état des risques associés à une exposition chronique à des niveaux de bruit supérieurs à 75 dBA pendant 8 heures et qui peut causer une surdité permanente.
Références :
*https://www.santepubliquefrance.fr/docs/l-exposition-professionnelle-au-bruit-en-france-en-2019
**https://www.centredoc.cnesst.gouv.qc.ca/pdf/Publication/PS_Bruit.pdf
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