Il y a quelques années, au cours d’un voyage à Paris, j’ai eu la chance de visiter le cimetière du Père-Lachaise. Pas au complet bien sûr, seulement une infime partie. Créé en 1804, le cimetière du Père-Lachaise tient son nom de François d’Aix de La Chaise, confesseur de Louis XIV. Comme il couvre une superficie de 45 hectares, vous comprendrez que mes courtes jambes n’auraient pas pu soutenir le trajet… Plus d’un million de personnes y reposent dans leur dernier lit. C’est la plus grande nécropole au monde. Ce cimetière est situé dans le 20e arrondissement de Paris, et trois millions de visiteurs s’y arrêtent chaque année. Comme des enfants, ils s’émerveillent devant ces mausolées de pierres qui, bien souvent, sont plus spacieux que certaines de nos maisons. Ce sont des œuvres d’art qui, comme leurs locataires, sont là pour y rester… On y trouve aussi une multitude de caveaux sur lesquels on peut admirer des sculptures grandeur nature à l’image de leurs invités permanents. À titre d’exemples, lors de votre promenade devant ces célébrités de bronze, vous pourrez faire une pause devant Molière, Jean de La Fontaine, Honoré de Balzac, Maria Callas, Jim Morrison, Georges Moustaki, Alfred de Musset, Édith Piaf, Oscar Wilde, Beaumarchais, Frédéric Chopin, Guillaume Apollinaire et une multitude d’autres.

Tout cela m’a porté à réfléchir… Est-ce de l’orgueil, de la vanité ? Peut-être une vanité orgueilleuse ? Il est possible que ce soit aussi une fierté pour leur descendance. Mais là où ils sont, nous sommes tous égaux !
Cette visite pour le moins envoûtante m’incite maintenant à visiter des cimetières de chez nous, où se trouvent des gens ordinaires. Dans nos régions, le granit est employé partout dans les cuisines, pour les meubles, les bibelots, etc., et dans nos cimetières, on retrouve bien entendu de magnifiques monuments funéraires sur lesquels le soleil se reflète… N’oublions pas que là, sous nos pieds, dorment aussi des personnalités qui nous ont légué un passé et un avenir prometteur. C’est le passé qui m’intéresse le plus. Donc, je visite plus souvent de très vieux cimetières. Dans ceux-là, je rencontre de vieilles stèles, noircies par le temps, vandalisées, renversées, cassées. Les noms sont parfois effacés par l’usure du temps. Dans ces moments-là, mon esprit s’emballe et j’imagine qu’un soir de pleine lune, tous ces oubliés sortent de leurs écrins de satin, invisibles à nos yeux, inaudibles à nos oreilles. Ils discutent entre eux, oubliant leurs passés, leurs joies, leurs misères, leurs rancunes. La fortune est un mot inconnu qui leur indiffère. Plus de pleurs, de regrets. Le pardon ; la paix ! Utopie ?
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