L’exploitation forestière dans le bassin du Haut-St-François

Chronique Stratford

Vers 1850, notre région était encore presque inhabitée et les forêts n’avaient jamais été exploitées. On retrouvait en abondance toutes sortes d’essences : érables, noyers, frênes, cèdres, chênes, pins, bouleaux, pruches, etc.

Les premiers forestiers
La construction d’un chemin vers Ham Nord, puis Mégantic à partir de la route Gosford, de même que l’arpentage et l’octroi de terres aux premiers colons ont ouvert la voie au peuplement. Pour conserver leur lot octroyé gratuitement par le gouvernement pour l’agriculture, les premiers colons devaient avoir déboisé 6,4 hectares après quatre ans. Une partie était donc gardée en « terre en bois debout »; cette réserve ligneuse constituait une richesse pour ceux qui l’exploitaient. De nombreuses petites scieries artisanales sont vite apparues. Par exemple, à Stratford, lors du recensement de 1861, trois moulins à scie étaient déjà en fonction; celui de Pierre Hébert, valeur 100$, production 50$, celui de Eucher Arcand, valeur 320$, production 60$, et celui d’Olivier Champoux, valeur 900$, production 60$. Deux autres scieries étaient en construction, celle de Isidore Gauthier, valeur 400$, et celle de Joseph Landry(en construction). Le bois servait, entres autres, à construire les bâtiments et à les recouvrir de planches et de bardeaux, à faire des meubles, à ériger des clôtures, au chauffage domestique et à bien d’autres utilisations. Certains colons augmentaient leurs revenus en produisant et en vendant la potasse et la perlasse à partir des cendres de bois franc. En 1861, la fabrique de perlasse de Louis Dubois de Stratford a fourni 26 quarts de perlasse pour une production de 350$.

Les voies ferrées
Avec l’avènement des voies ferrées, on a vu apparaître de grandes scieries alimentées par des « jobbeurs ». L’hiver, les colons partaient dans les chantiers, coupaient les arbres, les transportaient vers les cours d’eau et les acheminaient vers les moulins par la drave au printemps. En 1860, la scierie Cyrus S. Clark de Bromptonville possédait une machinerie moderne et pouvait produire 75 000 pieds de planche par jour. Ces produits étaient acheminés vers les marchés par voie ferrée.

Les pâtes et papiers
Jusque vers 1860, le papier était fabriqué à partir de chiffons. Avec les progrès techniques, le bois est entré dans la fabrication du papier. C’est ainsi que vers 1900, les pâtes et papiers sont devenus l’un des grands moteurs économiques de nos régions. Encore là, le bassin du Haut St-François alimentait cette industrie en aval, à East Angus, Bromptonville, Windsor.

L’Estrie est encore une grande région forestière
En 2013, l’Estrie est encore une grande région forestière car la forêt couvre plus de 70% de sa superficie. La forêt est toujours au cœur de son économie avec les 9 200 propriétaires de boisés privés qui s’y trouvent et par les 8 200 emplois liés à la récolte et à la transformation du bois. Et au cœur de l’Estrie, les forêts du bassin du Haut St-François occupent une place importante.

Source : Recensement nominatif du Bas-Canada. Township de Stratford, 14 février 1861.
Jean-Pierre Kesteman et al. Histoire des Cantons de l’Est.
André Roy, conférence sur l’exploitation forestière.

2013-12-19-Chantier_1920
PHOTO d’archive de Stratford 1857-1982
Chantier vers 1920

 

À propos Denise Gauthier

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