Au Québec : Un droit de vote tardif pour les femmes. Celles de la Nouvelle-Zélande l’ont obtenu en 1893

Par | Mylène Croteau

Au Québec, pour les femmes, reléguées dans leur rôle de mère au foyer, cumulant les tâches reliées aux métiers de cuisinière, d’éducatrice, de partage des bonnes mœurs et de ménagère, notamment et principalement, il a fallu attendre en 1940 pour qu’elles puissent avoir accès au droit fondamental de vote provincial. Sous le gouvernement d’Adélard Godbout, elles ont pu exercer ce droit lors des élections partielles et générales suivantes au début des années 1940. Toutefois, au niveau fédéral, les canadiennes ont voté pour la première fois en 1921, lors de l’élection fédérale de décembre après une première extension partielle en 1917 pour les infirmières militaires et parentes de soldats.

Un droit tardif : ailleurs, dans le monde, des femmes avaient naturellement le droit de voter
En 1881, les femmes de l’Île de Man, a autorisé un nombre restreint de femmes, des célibataires ou des veuves possédant des terres. La première élection nationale moderne au monde où les femmes on voté sans flafla politique s’est déroulée en novembre 1893, lors des élections législatives en Nouvelle-Zélande. La Finlande fut le premier pays d’Europe où le droit de vote et l’éligibilité féminine a été adoptée en 1906. Près près de chez-nous, au Canada le Manitoba fut la première province à reconnaitre le droit de vote aux femmes, pour celles célibataires ou veuves possédant des terres.

Au Québec, entre 1922 et 1940 : La croisade des suffragettes pour l’égalité
Le mouvement suffragiste québécois est essentiellement urbain et est l’œuvre d’une minorité de femmes avant-gardistes pour l’époque. Le Comité provincial pour le suffrage féminin (CPSF), dont les membres sont, pour la plupart, issues de la Montreal Suffrage Association et de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste, voit le jour en 1922. Militantes anglophones et francophones s’unissent donc pour la même cause. D’abord coprésidé par Mme Marie Gérin-Lajoie et Mme Walter Lyman, le groupe se scinde en 1927. Dès lors, deux femmes prennent la tête du mouvement suffragiste :

  • Idola Saint-Jean, de l’Alliance canadienne pour le vote des femmes du Québec;
  • Thérèse Casgrain, du Comité du suffrage provincial (la Ligue des droits de la femme, à partir de 1929).


Mesdames Idola St-Jean et Thérèse Forget-Casgrain

1940-2020 : 80 ans après l’obtention du droit de vote chez les femmes
Au palier électoral provincial, le 25 avril 1940 marque la fin d’une dure bataille et le début d’une ère nouvelle. Les Québécoises peuvent désormais voter et se porter candidates, à l’exception des femmes autochtones qui vivent sur les réserves, qui obtiendront le droit de vote en 1969.

Le défi consiste alors à se faire élire. Lors des élections de 1944, aucune candidate ne fait le saut, mais une première femme, Mme Dennis James (Mae) O’Connor, se présente lors de l’élection partielle du 23 juillet 1947 dans la circonscription de Huntingdon.

Ce n’est qu’en 1961 que les femmes ont une voix au parlement grâce à Marie-Claire Kirkland-Casgrain, première femme élue et première femme à être nommée ministre. En 1964, elle fait avancer la cause des femmes en présentant un projet de loi qui met fin à l’incapacité juridique des femmes mariées.

 
Mesdames Marie-Claire Kirland-Casgrain, Katleen Fisher et Elsie Gibbonsd

Au palier électoral municipal, les femmes font une première percée sur la scène politique à partir des années 1940. Kathleen Fisher devient la première femme élue au Québec à titre de conseillère municipale dans Côte-des-Neiges, à Montréal. Puis, en 1953, à Portage-du-Fort, en Outaouais, Elsie Gibbons devient la première mairesse élue au Québec. Ces pionnières devaient répondre à certains critères pour poser leur candidature; elles devaient notamment être propriétaires. Toutes les femmes, peu importe leur statut, obtiennent progressivement le droit de vote et d’éligibilité entre 1968 et 1974, selon les villes et les municipalités.

Ceci n’était qu’un survol
Foisonnent sur le Web moult articles sur l’histoire relative au droit de vote et à l’éligibilité des femmes au Québec. Une brève recherche vous mènera sur des articles intéressants, notamment, proposés par BAnQ, Élections Canada, Élections Québec, l’Encyclopédie du Québec, Musée virtuel d’histoire politique au Québec, et Perspective Monde, entre autres. À votre curiosité!

Sources : BAnQ, Élections Québec, l’Encyclopédie du Québec et le Web

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