Ceci n’est pas un hold-up, une comédie burlesque de Régis Le Guigot mise en scène par la troupe de théâtre La Grande Tablée

La carte bleue de Jacques vient d’être avalée par le distributeur. Qu’à cela ne tienne, un rapide détour par le guichet de la banque et le tour sera joué. Sauf que Jacques se balade avec, dans sa poche, le cadeau acheté pour l’anniversaire de son neveu, un joli revolver plus vrai que nature… Sauf qu’en apercevant le joujou de Jacques, le personnel de la banque est persuadé qu’un hold-up se prépare… De quiproquos en boulettes de haut vol, un faux braquage qui risque bien de tourner en vrai hold-up! – Comédie écrite par l’auteur Régis Le Guigot.

Vendredi le 27 mars, à 20 h, au Centre communautaire J.N. Plante, à Disraeli, je me suis fait aspirée par une ambiance abracadabrante, légèrement clownesque, crée par la carte bleu de Jacques avalée par malchance par le guichet automatique, un réaliste revolver en plastique destiné à Nathan et la recette de 55 000$ du spectacle des Village People supposément réduite en cendre par l’incinérateur à documents de la Banque Universelle de Thetford Mines. Viennent agrémentés la pièce de théâtre Ceci n’est pas un hold-up, deux clientes de la Banque, madame De Fronsac, dont les répliques absurdes frisent presque la démence, et madame Conan, dame âgée au verbe grincheux et à la réplique cinglante.

S’y ajoute la “technicienne de surface” ou femme de ménage, Chantal, qui semble épousseter à la va-comme-je-te-pousse et qui dilapiderait à la bourse les épargnes des clients, misant sur les dinosaures, supposés généreux responsables du pétrole aux abords de la rivière Bécancour de même que l’employée Lucette qui déconnecte le système d’alarme pour y charger son épilateur personnel.

Viennent Félix, autre employé de la Banque Universelle, qui y travaille, mais dont on ne connaît pas les fonctions (mais qui est tout bien là!), ainsi que monsieur Gobert, le directeur de l’établissement, qui tente tant bien que mal, “d’avoir la tête de l’emploi” et qui se fait garocher (le terme semble exact compte tenu de la virulence du propos) en pleine face par madame Conan que son épouse, en plus d’apprécier “prendre un petit coup”, aurait un visage ressemblant à un sphincter anal.

Enfin, l’on y retrouve le commissaire Ducalot, flanqué de son paletot beige, de sa pipe, de son révolver et de sa lingette toujours imbibée de sueur pour s’essuyer le visage et le cou, évoquant l’inspecteur Colombo. Est-ce un vrai holp-up? Comment débusquer le vrai du faux? Mais pourquoi donc madame De Fronsac veut-elle absolument un “poster” du chef Gordon Ramsey vêtu que d’un gilet et d’un moulant caleçon court Manmade? Est-ce les cendres du groupe Village People qui sont dans la chaudière de métal? Vraiment?

Était-ce finalement un texte burlesque sur un jeu dramatique ou un texte dramatique sur un jeu burlesque? Peu importe. Situations cocasses, répliques farfelues, trame de la pièce imprégnée de ridicule et jeux de scène caricaturaux : voilà ce qu’offrait Ceci n’est pas un holp-up, les 20, 21, 27 et 28 mars derniers à Disraeli.

Chaleureux applaudissements à Pierre Lussier, Manon Benoît, Carole Boutin, Sylvie Grimard, Steven Laprise, Daniel Mackarous, Marie-Josée Poulin et Richard Rodrigue, acteurs et au bénévoles responsables de l’accueil, de la mise en place de la salle et de la prise de son.

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