Par | Mylène Croteau
L’arbre qui cache la forêt
Difficulté à se concentrer et à maintenir son attention, perte régulière d’objets, mauvaise gestion du temps, évitement de tâches exigeant des efforts soutenus, non-conformité aux consignes, agitation mentale et interruption des propos de l’interlocuteur sont notamment des éléments pointant vers un diagnostic de trouble de déficit d’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH).
Depuis une dizaine d’années, ce trouble est souvent associé à un problème qui ne touche que les enfants, ce qui est inexact. Environ 50% des enfants aux prises avec le TDAH le seront encore à l’âge adulte. Près de 700 000 Québécois et Québécoises de tous âges souffrent de TDAH. Présent dès la naissance, il se manifeste tôt pendant l’enfance, souvent avant l’entrée à l’école. Isabelle Marleau, psychologue au CHU Sainte-Justine, explique qu’il y a une continuité dans la présence des symptômes, ce n’est pas quelque chose qui apparaît d’un coup. Le diagnostic est davantage posé plus souvent chez les garçons, qui montrent davantage de signes d’hyperactivité, que chez les filles, qui ont plustendance à être inattentives (1).
L’origine du TDAH
La meilleure explication de l’origine du TDAH serait par transmission génétique, à 75%, affectant les aires préfrontales du cerveau. D’autres facteurs peuvent contribuer à sa manifestation tels que la prématurité ou la consommation de substances pendant la grossesse. Certaines hypothèses avancent que la pollution de l’air et de l’eau ainsi que la contamination par les pesticides auraient contribué à une augmentation des cas au cours des dernières années.
Un trouble envahissant
Il peut affecter le développement et le fonctionnement social, affectif et intellectuel et générer des sentiments de culpabilité, de désarroi et de honte. L’âge adulte peut faire exploser les conséquences sur la vie quotidienne, devenant même contraignantes. Par exemple, le passage aux études supérieures entraîne une charge plus importante de travail mental: les capacités de concentration sont mises à rude épreuve, la gestion du temps devenant plus serrée et le degré d’autonomie requis plus élevé. Dépassés par les événements, certains individus abrègent parfois leur scolarité. À terme, il peut aussi avoir des répercussions sur l’estime de soi et engendrer de nouveaux troubles psychologiques. La détresse et la souffrance peuvent être très importantes pour la personne présentant un trouble de concentration avec ou sans hyperactivité.
À bat les préjugés
Le trouble de déficit d’attention avec ou sans déficit d’hyperactivité n’est pas une maladie mentale ni un mécanisme inapproprié à des traumatismes. II est lié à un déséquilibre des messages chimiques, comme la dopamine et la noradrénaline qui gèrent l’attention, touchant le cerveau et le système nerveux. Ces personnes sont parfois victimes de leurs propres préjugés et de ceux qui existent dans la société: manque de motivation et d’efforts, qualifiées d’inadéquates, paresseuses, perturbatrices, moins intelligentes, ayant un besoin incessant d’attention.
Ces fausses croyances persistent à tort et peuvent parfois plonger la personne vivant ce trouble dans un état dépressif, voire même suicidaire. Pour en apprendre davantage sur le TDAH, consultez le site Web de l’Association québécoise des neuropsychologuesdu Québec au www.aqnp.ca.
(1) www.chusj.org
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