Par | Mylène Croteau
La moufette femelles élève seule une portée par an, donnant naissance à une moyenne de cinq à six petits à la fin du mois de mai. Techniquement, les rejetons ont 4 mois à la fin de septembre. Leurs glandes anales sécrètent déjà, et ce, avec une précision chirurgicale, leurs jets malodorants. Ma toison dorée adorée, Yansue, devient une cible parfaite, en soirée, lorsque je la promène sur le terrain, pressentie comme un intrus menaçant pour madame moufette et sa bande.
Une répugnante odeur faisant presque sécher instantanément le poil de mes narines m’assaille parfois, dans ma belle campagne. Où est la dame noire et blanche? Il peut être difficile de la distinguer quand la luminosité devient “entre chien et loup”. J’ai donc instauré une règle claire : passé 19 h, on ne sort ni toutou ni maîtresse. Je m’assure de sentir bon. Et de ne pas laver Yansue au jus de tomate.
Histoires véridiques d’humains et de moufettes
La moufette confondue avec un chat
Une dame entendait des bruits provenant de sa poubelle, sise près de la galerie avant de sa maison. Piquée par la curiosité, elle décida de sortir afin de débusquer le vilain gredin. Pensant qu’il s’agissait d’un chat, elle allongea une jambe pour donner un coup de pied au postérieur de la dite bête. Oh délicieuse surprise! La faux minou, alerté par la présence derrière lui, se retourna brusquement et lança une brume opaque d’un liquide digne de la marque de Testé L’odeur, Brise glandulaire. Le malappris s’en alla tranquillement, irrité de s’être fait dérangé dans son pique-nique nocturne. Et la dame dû se frotter vigoureusement avec les produits dont elle disposait, ayant l’impression de sentir littéralement la moufette à chaque fois qu’elle avait chaud, et ce, pendant plusieurs mois.
La moufette qui décide d’élire domicile sous un cabanon
Il y a une trentaine d’années, voire peut-être même un peu plus, un monsieur avait fermement décidé que madame moufette et ses gamins devaient quitter le terrier qu’elle avait soigneusement bâti pour sa marmaille. Impérativement. Comment faire sortir en plein jour ses indésirables? En envoyant de la fumée dans le terrier et en surveillant les ressortissants pour les attraper avec une cage conçue à cet effet. Le monsieur, très patient, et surtout, probablement désireux de se débarrasser de ces gênantes bêtes, attendit. Attendit. Attendit. Pour se rendre compte que les moufettes avaient déjoué son stratagème! Elles avaient déjà plié bagages, certainement dans la nuit, car le monsieur, quand même pas si obnubilé par ces charmantes odorantes, dormait. Tout de même, cela a suscité beaucoup de curiosité de la part du voisin d’en face, se demandant pourquoi cet homme semblait être heureux à l’idée de “boucaner” son cabanon.
La moufette qui a décidé de se cacher dans le panier à vêtements
Il fut une fois, une dame qui décrochait les vêtements de la corde à linge. Entendant le téléphone sonner, elle entra dans la maison pour répondre. Il n’en fallu pas davantage pour qu’une moufette égarée, cherchant chaleur, se cache au fond du panier, sous les vêtements. La dame revenue, elle continua sa besogne et trouva le panier un peu plus lourd qu’à l’habitude. Peu importe, se dit-elle, je vais aller plier le tout dans ma chambre. Superbe idée, à priori. Mais, le drame était proche. Elle monta au second étage, retourna le panier à l’envers et … y découvrir miss moufette, tout ahurie de s’être fait tirer des bras de Morphée et choquée d’être mise à découvert. La dame n’eut pas le temps s’éloigner : elle fut aspergée par la fétide substance des glandes anales de la pestiférée poilue. Les murs furent également arrosés, tout comme les meubles et les vêtements qui étaient accrochés dans le garde-robe, car la porte était ouverte et se situait dans la trajectoire de la bête. Une zone sinistrée. La pièce fut nettoyée par une compagnie détenant expertise en la matière, mais elle pua longtemps, assez pour la condamner, car dès qu’il faisait chaud, elle empestait la moufette.
La moufette qui a décidé d’élire domicile temporaire sur une galerie
En revenant d’une soirée entre amis, une dame retourne à son domicile. Jusque là, il n’y a rien d’extradordinaire. Mais, en stationnant dans son entrée, et heureusement, elle remarqua une forme ressemblant à un chat couché sur la galerie menant à l’entrée principale. En regardant plus attentivement, elle fut frappée d’une certaine stupeur : misère, il s’agit d’une moufette. Laquelle a levée la tête, examinant sa future victime, sans toutefois bouger. Mais regardant son ennemie directement dans les yeux. Une joute de regards, une prière muette prononcée par la conductrice nerveuse qui décida de faire profil bas : se terrer dans sa voiture, sans faire de bruit, sans presque bouger, même. L’infâme créature partirait bien dans la nuit. La dame s’endormit quand même assez paisiblement, mais un peu nerveusement, dans son antre de sommeil improvisé, pour découvrir, vers 4 heures du matin, la galerie débarrassée de la moufette. Se dit-elle, je peux enfin sortir de là. Hélas, une lamentable odyssée commença, dès qu’elle mis le pied sur la première marche. Madame moufette était juste à coté de la marche, sur le gazon. Pour une personne qui ne voulait pas déranger le voisinage, ce fut un échec très matinal auquel les résidents du quartier ont rigolé pendant quelques mois! La dame se mit à courir autour de la maison à grands cris plaintifs et réussit à entrer chez elle, bien au sec, mais un peu gênée!
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