Quasi tragique histoire d’un ” poulet du tonnerre ” pas assez futé pour savoir que la route, ça se partage, mais pas n’importe comment!

Par | Mylène Croteau

Dans la semaine du 23 mars dernier, il s’en est fallu de peu pour qu’un dindon sauvage perde tragiquement la vie sous les roues de ma voiture. Depuis quelques années, résidant en campagne, je partage la route avec ce volatile peu gracieux et rondelet, se promenant souvent en bande, rarement seul. Sinon, il s’agit d’un spécimen égaré, errant, ayant probablement perdu sa tribu.

Il est plus facile de se méfier des chevreuils, car ils sont dotés de pattes relativement longilignes et sont manifestement un peu plus imposants. Les repérer est chose plus aisée. Le dindon sauvage, lui, se dandine comme un dingo sur le bord de la route, avançant d’un pas, reculant de 4, pour avancer de nouveau de 5 pas. Il semble lent, poussif et lunatique.

Erreur! Sous son apparence un peu égarée, il représente un ennemi pour tous les conducteurs. Quand il a enfin choisit où il ira,  le “poulet tonnerre” se dirige prestement en dodelinant maladroitement, en coupant le chemin de l’automobliste qui attendait le libre passage depuis peut-être 5 minutes. Le conducteur avance, prudemment, mais frôle le postérieur du dindon, lui arrachant quelques plumes au passage. Parfois, l’incident est funeste, quand le galliforme est moins chanceux.

Dame Nature nous prépare tranquillement au printemps (je sais, cela ne paraît pas encore). Une chaussée détrempée, mouillée d’un voile humide, légèrement enneigée ou de la brume. Une voiture “pilotée” par un monsieur ou une dame écoutant sa musique préférée ou pensant à son prochain repas. Peu importe. Ajoutez un dindon sauvage qui souhaite glouglouter d’amour pour sa compagne, de l’autre côté du chemin.

Il veut ardemment parader pour sa belle qui appréciera certainement le voir se pavaner en relevant ses plumes la queue en éventail, courbant le cou vers l’arrière. Malheureusement, pour elle, son attente sera peut-être inutile, surtout si le prétendant est borgne. Un véhicule s’approche, prudemment, car le conducteur a vu au loin une forme ressemblant à un dindon sauvage. Il ralenti et s’arrête, mais un peu trop tard.

Doux be-ding be-dang. La tête du fringuant dindon a heurté le devant de la voiture. Mais il s’en va clopin-clopant, rejoindre sa dulcinée. Les glouglous seront probablement un peu moins sonores et ne pensera pas à afficher ses vives couleurs, un peu trop courbaturé. Voici la quasi tragique histoire d’un “poulet du tonnerre” pas assez futé pour savoir que la route, ça se partage, mais pas n’importe comment!

La morale de cette fiction est la suivante : puisque les chemins, les rangs et les routes coupent des forêts, conservons notre vigilance auditive et visuelle en tout temps! On ne veut pas abîmer notre “carrosse”, certes, mais plus important encore, être responsable du malheur des autres ou du nôtre, ça non.

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