27 % de femmes copropriétaires ou propriétaires d’entreprises agricoles au Québec

Par | Mylène Croteau

Des défis persistants

Selon des données du recensement de Statistique Canada de 2021, au Québec, 27 % sont copropriétaires ou propriétaires de leur ferme. Elles sont de plus en plus présentes dans la gestion, notamment en ce qui concerne la hausse des exploitations biologiques, de la vente directe et de l’adoption de technologies, lesquelles leur permettent d’optimiser la productivité, l’efficacité et la compétitivité.

Pourtant, certains obstacles semblent perdurer en ce qui concerne l’accessibilité, pour les femmes, à être propriétaire d’une ferme. Ils sont liés au fait que les entreprises agricoles sont plus souvent transférées. Par exemple, les femmes passent plus souvent par le démarrage que le transfert familial : 44 % pour les femmes comparativement à 32 % pour les hommes. Dans ce contexte, les entreprises dans ce secteur appartenant à des femmes peuvent être soumises à davantage de contraintes d’emprunt pour financer leurs investissements que celles dans lesquelles les hommes sont propriétaires.

Reconnaissance et crédibilité

À la base, femmes ou hommes bénéficient de la même formation, le Diplôme d’études collégiales en Gestion et exploitation d’entreprise agricole, une formation de 2745 heures reconnue par le MAPAQ, qui organise, en complément, des journées horticoles, de production animale et des ateliers techniques. Les nourriciers du Québec, les agricultrices et les agriculteurs, sont tous soumis aux mêmes normes environnementales strictes et aux exigences financières et réglementaires qui régissent la gestion d’une ferme. « Sur papier, une femme et un homme ont exactement les mêmes obligations en agriculture. La différence réside dans l’accès et le parcours. Les femmes ne prennent pas leur place, elles la créent. Elles partent souvent de plus loin, mais elles transforment le modèle agricole. Et on le voit : leur place grandit d’année en année », de mentionner Marie-Ange Richard de la Ferme Lambton, accompagnée de sa jeune relève, son garçon Guillaume.

S’entourer de partenariats

Marie-Ange Richard et Serge Lapointe sont des producteurs laitiers. Ils sont impliqués au sein de l’Union des producteurs agricoles, au Syndicat local Granit-Frontenac. Tous deux sont unanimes sur le fait de s’entourer de professionnels (agronomes, biologistes, fournisseurs de moulées, intervenants agro-alimentaires et vétérinaires, notamment) et d’employés aux compétences variées, concourant à la croissance de l’entreprise agricole. « Peu importe si c’est une femme ou un homme qui dirige une ferme, si la personne sait où aller chercher les expertises et les talents, elle pourra avancer de façon plus assurée parce qu’elle aura eu le réflexe de ne pas rester seule. Dans un contexte économique incertain, la gestion des ambigüités prendra plus de place. D’où la grande importance de rester connecté à l’UPA et aux autres producteurs agricoles de notre secteur », de préciser Serge Lapointe de la Ferme Émilien Lapointe.

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