L’Humeur buissonnière

Mon idée de modifier l’Humeur des paysages en Humeur buissonnière germait depuis longtemps, bien avant la pandémie. J’ai eu envie de vous parler d’art, de culture, de butiner au gré de mes errances et de vous faire part d’impressions, de coups de cœur, de joies, etc. Mais en ce moment, je me sens un peu comme une abeille bourrée de néonicotinoïdes, pas beaucoup de miel à offrir. L’art en circuit fermé est antinomique. L’art a besoin de souffle, d’espace, de nourriture, d’âme. L’art, c’est simple en somme, a besoin des autres.

La Migration des oies, détail d’une gravure sur bois de Danielle Broué. Photo par Dyane Raymond

Un peu à court d’inspiration, je l’avoue, je me suis demandé ce qui me rattachait à la création en ce moment. Ç’aurait pu être la nature, toujours inspirante ; ç’aurait pu être les amies, les proches, toujours aimants, qu’importe la distance ; ç’aurait pu être, comme je le mentionnais la dernière fois, le regard porté vers l’extérieur, vers l’autre, juste ça, un regard ouvert et attentif. Et j’avais beau y réfléchir et y penser encore, bien que ces « faits » existent et agissent concrètement au quotidien, je ne voyais pas. Et puis, c’est apparu comme une évidence : ce qui me rattache à l’art, qui interagit, me nourrit, me rejoint, maintenant, là, tout de suite, c’est Le Cantonnier. Bien avant d’avoir le privilège de faire partie de cette équipe dévouée et « bien-veillante », j’admirais le travail, la qualité, l’intégrité de notre journal communautaire. Après, j’ai eu l’honneur et le bonheur de rencontrer et de côtoyer des gens de ferveur et de cœur. Et donc, je vous le demande, qu’est-ce qu’un élan créateur, sinon de la ferveur et du cœur ? Cette observation pourrait ressembler à un raccourci, une pirouette, une facilité, je n’en demeure pas moins persuadée qu’une part majeure d’une œuvre d’art trouve sa valeur dans son adresse à l’autre, son authenticité. Que celui ou celle qui croit que Le Cantonnier ne correspond pas à cette définition me lance la première pierre… ou alors qu’on débouche une bonne bouteille et qu’on trinque : longue vie au Cantonnier !

Dyane Raymond
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