L’Humeur buissonnière

Sculpture d’Eric Fischl, Femme tombant à la renverse, 2002, bronze, épreuve d’artiste 2, Musée des beaux-arts de Montréal (par Dyane Raymond)

Heureuse qui comme Ulysse a fait un beau voyage, pourrai-je dire paraphrasant le grand Georges. J’ai eu la chance de voir, c’est vrai, maints merveilleux paysages et surtout gents personnages, pas toujours sages, mais généreux et bons vivants, ça oui, assurément. J’étais dans un lieu où, comme dans nos villages, entraide et solidarité font partie d’un mode de vie.

Souvent au retour des voyages, on a vite envie de repartir, pour errer encore dans l’ailleurs, entre deux eaux, entre ciel et terre, entre l’ici et le maintenant. Cette fois n’a pas fait exception et pour rester dans cet état d’esprit, m’installer lentement dans un prolongement qui ne serait pas tout de suite d’ici ni d’ailleurs, comme souvent je me suis tournée vers l’art qui toujours m’accueille.

Le soleil était joli, la journée libre, je suis partie au musée comme on va se promener dans une ville étrangère, sans but, sans temps, sans autre intention que celle de le regarder bellement passer le temps et de m’en trouver hors.

Hors du temps, et juste un tout petit peu à côté de soi aussi, juste ce qu’il faut pour ne pas se perdre de vue tout en regardant au-delà.

J’ai marché droit devant sans trop me soucier de ce que j’allais voir. Entrant dans la première salle qui se proposait devant moi. Y étaient présentés des tableaux d’une collection permanente, que je n’avais pourtant jamais vus, croyais-je. Certaines œuvres étonnantes, de tous lieux, tous âges, toutes époques, d’artistes célèbres ou inconnus. Puis un moment donné, je me suis perdue dans un dédale d’escaliers, et j’ai abouti devant cette sculpture, isolée dans un coin comme si on l’avait déposée là en attendant de savoir où la mettre.

« C’est l’expression sincère d’une profonde compassion pour la vulnérabilité de la condition humaine », développait l’artiste Eric Fischl sur le cartel de l’œuvre.

Contrairement à cette explication et au titre donnés par le sculpteur, j’avais l’impression que cette femme possédait une force ancrée, je veux dire terrienne, animale, presque invincible. Une impression confirmée par mon amie Isabelle qui a vu en la regardant une posture de yoga qu’elle essaiera, qui pourrait être relaxante, m’écrivait-elle, elle me dira.

Quoi qu’il en soit, voyager, revenir à la maison, se sentir fragile et vulnérable, relaxer, oui, tout cela va bien ensemble. Tout cela est bon.

Dyane Raymond
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