L’Humeur buissonnière

Horizon. Crédit photo : Dyane Raymond

L’Humeur buissonnière
Par Dyane Raymond

L’autre jour je disais à mon amie R. : « On a le droit, c’est pas grave de s’ennuyer, au contraire. »

C’est s’offrir de l’autrement dans l’immobile, le lentement et les lousses de la vie. De jour comme de nuit. Ce n’est pas ne pas savoir quoi faire, mais choisir de faire ou ne pas faire ; pas non plus un péché de paresse, mais une adresse au Vivant. Un oui sans contredit à ce qui fait envie, sans crainte et sans remord, et surtout sans cette sacro-sainte culpabilité dans laquelle on s’enferme si facilement en jetant la clé.

Être là comme si ça ne suffisait pas.
Où vas-tu ma mie à courir comme ça? À t’essouffler jusqu’à en perdre le goût de l’instant, la saveur des possibles. Pour bâtir des châteaux de cartes qui s’écroulent au moindre coup de vent. Sisyphe est mort de rire. Et toi, quand tu seras morte d’épuisement, on t’apportera des fleurs et du chocolat. Si c’est ça que tu veux, y’a qu’à le dire et on n’attendra pas le printemps ou la fête des Mères pour te dorloter et te chanter sur tous les tons notre chant des bords de mer quand les sirènes s’enivrent doucement sous les petits feux des soleils brumeux.

Bien sûr, on ne pourra plus briller dans les salons et les bistrots du coin à raconter les mille réalisations et projets, passés, présents et à venir; mais on s’en fichera tellement. Tellement. À la place, on barbotera au spa; on s’installera avec un livre, les deux pieds sur la bavette du poêle, un petit verre de vin pas loin; on regardera le coucher du soleil sans craindre de se brûler les ailes.
Je sais qu’il reste mille choses à faire. On les fera aussi, t’inquiète pas. Une à la fois.
Et quand on regardera l’horizon, c’est ce qu’on verra : du lointain, de l’inconnu, du possible. Car, oui, il sera alors accessible l’ailleurs, l’autre côté de la médaille, le vert pâturage. Et les peut-être se changeront en pourquoi pas.

Quand je reviendrai, ma mie, on jouera une partie de mini-golf, ok? J’en rêve depuis ma dernière fois quand j’avais… 10 ans. Après ça, on ne se posera pas de question, car il fera beau ce jour-là, les bulles pétilleront et le barbecue braisera; ben oui, le chaud, le froid seront les meilleurs amis du monde; et même qu’on reprendra du dessert et un petit verre, parce qu’on n’ira nulle part après ça. On restera tranquillement les yeux rivés sur la voûte étoilée et on trouvera ça formidable, la nuit à la campagne.
Et on trouvera ça formidable, la vie.

À propos Sylvie Veilleux

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