Par | Mylène Croteau
“L’électricité est un bien commun. Le territoire aussi“, de mentionner d’emblée le Comité Éoliennes: choix éclairé en Appalaches (CÉCÉA), regroupement dont les membres sont en faveur de la transition énergétique, mais s’opposent à certains éléments du projet proposé par Capstone Infrastructure Corporation pour les municipalités de Saint-Fortunat, de Saint-Jacques-le-Majeur et de Saint-Julien.
Au printemps 2026, une pétition fut déposée, démontrant qu’une grande majorité de citoyens.ennes de Saint-Fortunat ne désirait pas, entre autres, déléguer sa compétence en gestion d’énergies renouvelables à la MRC des Appalaches. C’est en juin 2026, lors de l’événement Démocratie en péril: la face cachée des éoliennes, ayant rassemblé plus de 200 personnes à Sainte-Hélène-de Chester, que le comité a davantage fait jaser, tant auprès des élus.e.s des localités ciblées par l’implantation future d’un parc éolien qu’auprès des citoyens.nnes. Et bien davantage le 6 juillet, lors de la séance du conseil municipal de Saint-Fortunat qui fut particulièrement orageuse, a sonné le glas d’une discussion qui se voulait constructive et éclairante.
Depuis, le Comité a notamment réalisé les actions suivantes : publié sur sa page Facebook un appel au calme, acheminé une lettre à Saint-Fortunat demandant des correctifs sur le droit de captation des séances du conseil municipal et rencontré une médiatrice de L’Alternative Appalaches en vue de rétablir un dialogue sain avec les acteurs municipaux.
Des résolutions ont également été proposées à Saint-Fortunat et Saint-Julien, afin, notamment, qu’une consultation citoyenne soit tenue. À Saint-Julien, le comité a plaidé pour que les revenus municipaux découlent d’un projet domiciliaire plutôt qu’éolien
Le Comité a aussi remis aux résidents.e.s des localités possiblement impactées par le projet éolien des Hauts Reliefs une lettre d’opposition, spécifiant : “Je ne suis pas contre la transition énergétique. Je suis contre ce projet-ci, à cet endroit-ci, mené de cette façon-là.”» Des copies conformes ont notamment été envoyées aux trois localités, à la Régie intermunicipale du Connectif des sommets, à la Fédération québécoise des municipalités, au ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, au PDG d’HydroQuébec ainsi qu’au promoteur et à son principal actionnaire.
“Nos demandes envers tous les décideurs sont simples et permettraient un développement éolien respectueux de nos communautés: des référendums municipaux avant tout permis éolien industriel, la protection des sources d’eau potable, une distance séparatrice maison-éolienne uniforme de 1100 mètres, un périmètre de sécurité contenu dans les limites des propriétés participantes, et l’accès aux documents encadrant la délégation de compétence. Qu’est-ce qui retient nos décideurs d’y adhérer?”, de préciser Shanelle Raby. porte-parole du comité.
La question de la distance séparatrice est justement d’actualité. Le 8 septembre, à Saint-Fortunat, lors de la période de questions du conseil municipal, le maire Denis Fortier a confirmé l’existence d’une annexe au règlement de contrôle intérimaire (RCI) de la MRC des Appalaches, qu’il négocie avec Capstone et qui prévoierait 1000 mètres. Selon sa réponse, ce document demeure pour l’instant confidentiel. Pour le Comité, cette confidentialité justifie demande d’accès aux documents encadrant la délégation de compétence.
Sacrifier la paix sociale, à quel prix? Les enjeux ne se situent pas tous au même niveau
Les raisons de ses interventions auprès du promoteur du projet, d’instances gouvernementales, de décideurs régionaux et locaux et de la population sont globalement les suivantes: iI n’y a jamais eu de consultation publique organisée par les autorités municipales et le conseil de Saint-Fortunat a refusé d’en tenir une et les municipalité délèguent leur compétence sans connaître les documents légaux. les règles de base du Connectif des sommets ne sont pas connues, les impacts n’ont pas été chiffrés tout comme les nuisances visuelles et sonores n’ont pas été prises en compte et enfin, le projet divise ceux qui ont signé une entente avec les promoteurs et les autres.
Goliath et David, vraiment?
D’un côté, Capstone Infrastructure Corporation, la MRC, et les localités; de l’autre, les résidents.e.s? Et si le projet éolien du Parc des Hauts Reliefs mijotait plutôt dans la marmite au lieu de ballotter aux grands vents? Le CÉCÉA est un petit comité actif, exerçant un rôle de vigie sur le projet. Difficile alors de plonger dans la mobilisation citoyenne?
“On investit beaucoup de notre temps et de nos ressources, mais le sentiment de faire ce qui est juste est un pouvoir, c’est porteur. Nous sentons que nous protégeons notre territoire, la nature et nos concitoyens.nes. La question ne se pose alors pas, nous agissons. Au Québec, il y a pas mal de précédents où la mobilisation citoyenne a donné des résultats. De 2014 à 2026, les résistances citoyennes ont réussi à bloquer ou à freiner d’importants projets éoliens à travers la province, remportant des batailles décisives sur des territoires variés comme Saint-Valentin, la région d’Arthabaska et de Saint-Maurice en Mauricie.
Même si d’autres luttes, comme celles contre le parc de L’Érable, n’ont pas empêché son implantation, elles nous offrent un legs précieux pour organiser la protection du territoire aujourd’hui. Nous ne nous sentons pas seuls. Nous sommes plusieurs groupes citoyens dans la région et plusieurs dizaines au Québec à nous organiser, à collaborer, pour défendre un développement énergétique et territorial harmonieux“, d’ajouter Shanelle Raby.
Où le vent mènera le comité d’ici la fin de l’année?
Il aura moulins à gérer, le Comité. Entre autres, maintenir le dialogue avec les municipalités, obtenir des réponses aux séances municipales, à celles de la MRC et du Connectif, poursuivre les demandes d’accès à l’information, amener la question éolienne dans les campagnes électorales, renforcer les liens avec les autres groupes citoyens et participer au Regroupement vigilance énergie Québec (RVÉQ).
Le Comité appuie aussi les demandes du RVÉQ. dont il fait partie comme un BAPE générique sur l’éolien, la propriété publique, de 2 la production énergétique et des référendums municipaux avant tout projet en milieu habité.
Source: Une entrevue a été réalisée par Le Cantonnier avec le CÉCÉA, le 31 aout
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