Pascale Leblond, un prototype disraélois de femme d’affaires remarquable

Par | Sylvie Veilleux

En ce mois de la Journée internationale des droits des femmes, Le Cantonnier vous présente la femme d’affaires Pascale Leblond, propriétaire majoritaire des Industries G. E Gilbert inc. Résidente de Disraeli, cette cinquantenaire voyage quotidiennement à Sherbrooke pour diriger une entreprise d’usinage de précision qui compte 55 employés majoritairement masculins. Comptable de formation, madame Leblond s’est investie dès le départ dans l’usine afin de faire sa place dans un domaine d’activités non traditionnel pour les femmes. « Je travaille en équipe avec ma gang. Ça me fâche quand on m’appelle boss », confie cette femme dynamique qui carbure aux projets et aux défis.

Qui est Pascale Leblond?

Originaire de Thetford d’une famille de deux filles, elle se qualifie de fille rurale. Cette femme d’affaires a étudié au Cégep de Thetford et détient une maîtrise en comptabilité de l’Université de Sherbrooke. Sa carrière a débuté en 1998 chez Deloitte à Sherbrooke. Elle est recrutée chez Industries G. E Gilbert en 2006 et en devient propriétaire en 2010.

Cette mère de trois adolescents réussit à concilier le travail et la famille grâce à une entente de partage des tâches avec son conjoint Dominique Turcotte. « À Disraeli, je suis connue comme la conjointe du comptable, la mère des joueurs de hockey Cédric et Xavier et de Rosalie qui fait du patin artistique. « Ça me convient très bien, car je n’aime pas m’afficher.»

Pascale Leblond pratique les arts martiaux depuis plusieurs années. Elle est double ceinture noire en Taekewendo. Chaque semaine, elle s’adonne à cette discipline pour se libérer l’esprit.

Pourquoi décider d’acheter une entreprise d’usinage de haute précision?

Directrice des opérations chez Industries Gilbert et Gilbert depuis 4 ans, la mort des deux propriétaires, Gilbert père et Gilbert fils, à trois mois d’intervalle, la confronte durement. L’institution financière qui fait affaire avec l’entreprise l’informe qu’elle ferme les comptes si un.e acheteur.euse ne se pointe pas rapidement. Âgée de 28 ans, enceinte de 8 mois, elle décide après discussion avec son conjoint de relever le défi.

« J’ai mis ma chienne et je suis descendue dans l’usine me salir les mains.C’est comme ça que j’ai gagné la confiance de l’équipe. Encore aujourd’hui, j’y passe la majorité de mon temps. » À sa connaissance, seulement une autre femme au Québec possède une entreprise d’usinage de haute précision.

Elle magasine elle-même ses machines-outils à commande numérique (CNC) alors qu’elle n’est pas « technologique » dans la vie courante. « Il faut que je touche et voit fonctionner ce que j’achète. Certains vendeurs me demandent encore où est le propriétaire lorsque je discute avec eux dans les foires internationales de machineries. » Elle trouve ça drôle et leur réplique avec humour. Grosso modo, elle se décrit comme une main ferme dans un gant de velours.

Quel genre de femme d’affaires est Pascale Leblond?

Cette Disraéloise s’est façonnée au fil des ans en femme d’affaires prospère en s’entourant de personnes compétentes qu’elle consulte. « Il faut demeurer humble et humain et ne pas avoir peur de dire que nous ne sommes pas parfait.e.s.» Pascale Leblond préconise le travail d’équipe et le respect mutuel. « Nous formons une famille. On fait des activités sociales ensemble. Je connais tout le monde.»

Elle voit personnellement à l’installation et à l’accompagnement des travailleurs immigrants qu’elle recrute principalement en Tunisie et aux Philippines. Elle a été une des premières entreprises à Sherbrooke à combler le manque de main-d’œuvre de cette manière.

Les aspirations de Pascale Leblond

La plus grande fierté de cette femme d’affaires investie : La croissance des industries G. E Gilbert inc. tout en conservant un climat familial dans l’entrepise.

Madame Leblond est déterminée à continuer de développer sa compagnie afin qu’elle demeure une PME à la fine pointe de la technologie. « Nous disposons de 25 machines-outils à commande numérique (CNC) et un tour vertical de 16 pi de diamètre. La fabrication de prototypes, du plus petit au plus gros, spécifiques à chaque client, exige un grand niveau de précision. » Depuis 2012, Pascale Leblond a procédé à un agrandissement qui a triplé la surface et a multiplié le chiffre d’affaires par 8 de son entreprise située sur la rue Brodeur à Sherbrooke.

Dans les mois qui viennent, on verra Pascale Leblond sur TVA dans le cadre de l’émission Histoire de succès. En janvier dernier, elle a fait l’objet d’un article de la revue Industrie et Commerce. Les organismes associés à l’entrepreneuriat féminin la sollicitent très souvent pour donner des conférences.

Si vous la croisez dans la région, saluez-la en tant que Pascale Leblond. Elle le mérite.

À propos Mylène Croteau

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