Poésie

Marie Drolet (Gracieuseté)

12 avril

 

Un royaume s’effondre

L’hiver se retire

V’là l’bon vent

Le vent joli

Qui appelle des êtres neufs

Avec ou sans coquille.

Il y aura mille et un nouveaux baptisés

Dans les champs et les rivières,

Dans les boisés et les prés.

La terre devenant reliquaire de Beauté,

Les cieux ouverts répandant la vie chantante, la vie montante,

La vie bénie.

Il n’y a qu’à s’assoir sur son perron

Et nous voilà ressuscités.

V’là l’bon vent

Le joli vent

Nous désencombrant

De nos peaux mortes et amollies,

Emmêlant nos cheveux,

Nous fabriquant des airs glorieux,

Redonnant l’ardeur à nos cœurs évanouis

Devant l’âtre désormais éteint.

 

Nous brûlerons d’un autre feu

Mes amis.

Nous roulons droit sur la Saint-Jean-Baptiste

Millepertuis fleuri

Et fraises fraîchement cueillies.

Bouches barbouillées,

Amitiés retrouvées,

Maisons désertées.

 

V’là l’bon vent

Le joli vent

Celui qui connaît mon nom

Je suis sa mie

Bienheureuse sur ma montagne

Visitée

Arrosée

Guérie.

 

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