Par | Mylène Croteau
Vous avez des “héritiers et héritières”. Votre matrice a procrée, mesdames. Vous assouvis votre désir de maternité. Messieurs, vous avez évidemment contribué à assurer votre descendance. Vous avez peut-être adopté un enfant, cher désir à votre coeur. Peu importe que votre enfant cadeau arrivé par les voies naturellement conçues à cet effet ou autrement, vous êtes parents. En solo ou en duo ou même en trouple. Discuter de vos enfants et de vos petits-enfants est tout aussi naturel que le changement des saisons. Mais pour ceux et celles, qui comme moi, n’ont pas d’enfant, quelle que soit la raison, de quoi parle-t-ton? Sur quoi peut-on s’extasier, partager étapes de vie, honneurs ou méritas? On s’émerveille ou se pâme sur les prouesses de nos animaux de compagnie qui deviennent un peu l’extension de nous-mêmes.
Ce besoin d’éduquer, de transmettre des connaissance, afin que l’animal réponde à nos “attentes” est normal. On l’adopte souvent jeune, chaton ou chiot. Il pleurniche : on le berce, on lui parle, on lui donne des petits becs sur la tête. Il se blesse : on devient aide-soignant et on appelle son médecin, le vétérinaire. On lui apprend à ne pas dépasser un territoire précis : sinon, il y a risque de fatalité avec un véhicule. L’animal ne le sait pas, mais son référent humain, oui. Ce bébé poilu vieillit en même temps que nous, pour devenir un animal âgé, sénior. Et là, du coup, une certaine angoisse surgit : celle de perdre son animal de compagnie. Une tragédie se prépare, lentement, sournoisement ou de façon drastique, dans le corps vieillissant de notre “Amour”, de notre “Bébé”, de notre “Poune”. La multiplication d’anectocdes ou de photos sur les réseaux photos peut sonner le glas d’une fin anticipée ou prévisible.
Je bénis son réveil et le mien, chaque matin en remerciant la Vie qu’elle soit là, ma Yansue. Elle me fait rire et je me questionne sur certains de ses agissements.
Yansue et son “Cabaret de curiosités”
Le “petit coin” et son repos sur mes pieds
Dès que je me dirige à la salle de bain, prestement ou pas, elle accourt toute heureuse. Mais de quoi? De me voir m’installer sur mon trône temporaire? Frétillante à l’idée d’humer des odeurs moins glorieuses? J’ai à peine le temps de descendre mes culottes que madame ma préférée s’installe sur mes pieds, se tourne sur le dos pour réclamer des “gratouilles”. Même si la zone semble sinistrée par la “senteur” qui empeste l’air, elle reste là, encore heureuse! Et moi qui m’empresse de dégager la dite zone presque funeste…
Elle sait que je l’ai “trompée”
J’ai une amie qui a deux chiens et l’autre, un chat. Dès que je repars de l’une d’entre elles, malgré de vigoureux mouvements pour enlever les poils collés à mes vêtements, dès que j’entre dans la maison, la Reine du foyer, Yansue, me renifle. Encore. Encore et encore. Elle doit s’user le museau après le tissu de mon pantalon. Absolument pas. C’est le même manège à chaque fois que je vois Josée ou Nathalie. Après, elle choisit de me bouder environ 60 minutes, me privant de ses jappements joyeux, car selon elle, je l’aurais probablement trompée en osant caresser d’autres congénères… Insécurité? Jalousie?
Une partie de ses pas sont certainement inutiles
Je profite du privilège de travailler de mon domicile une journée par semaine, ce dont je me délecte. Pour ma toison dorée sur quatre pattes, il s’agit d’un simulacre de marathon. Je travaille dans la salle à manger, à cause de la fenestration qui permet à mes plantes de s’épanouir. Dès que je me lève pour me faire un café, me servir un verre de jus, aller à la toilette, ou pour manger, elle me suit. Si je vais dans ma chambre, elle est là, tout heureuse d’être contente. Je retourne dans mon antre de “trippage intellectuel” et la voilà, aux aguets. Mais je crois que l’un de ses moments de prédilection est lorsque je vais à la salle de bain où elle peut, à pleins poumons, respirer un parfum de “Tester l’Odeur”…
Ses demandes intempestives : elle a constamment faim
Soudainement, Yansue se met à “jaser”, en langage canin, évidemment. Elle réclame une collation, n’importe laquelle (alimentaire), en autant que son “trou béant” dans le ventre soit comblé. Repue ou non, elle erre parfois dans la maison en placotant à l’un de nous trois. Notre malin plaisir (pas gentil non plus) est de lui dire: “Va voir papa”, “Va voir maman” ou “Va voir oncle Serge”. Après une dizaine de minutes, car nous ne sommes pas des tortionnaires, nous lui donnons un petit os, qu’elle avale goulûment. Elle doit avoir, au sujet des “gâteries de grande fille”, une capacité mémorielle attribuable à celle d’un poisson rouge : 3 secondes. Après quoi, elle ne se rappelle plus qu’elle a réclamé pitance. Et recommence, mais sans trouver personne pour répondre à son besoin de manger. Des caresses et des “papouilles” la rendent complètement “gaga” et s’envolent les idées de s’empifrer!
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