La grève du Front commun : les femmes en paient le prix

Avec l’annonce d’une seconde séquence de grève du Front commun du 21 au 23 novembre, la possibilité qu’une grève illimitée soit déclenchée dans la région augmente considérablement en regard du manque de justesse de l’offre du gouvernement en négociation dans le secteur public. Le Réseau des groupes de femmes Chaudière-Appalaches (RGFCA) continue d’appuyer cette mobilisation sociale et veut rappeler que cette grève affecte le milieu de l’éducation et de la santé, soit deux milieux composés majoritairement de femmes.

Au regard des industries dans lesquelles les femmes étaient majoritaires dans chacune des MRC en 2021, les femmes étaient principalement concentrées dans cinq secteurs d’emploi, dont les services d’enseignement et les soins de santé et d’assistance sociale (Statistique Canada, 2023).

  • Enseignement : 70 % à 80 % de femmes ;
  • Soins de santé et assistance sociale : 81 % à 89 % de femmes.

Il est intéressant de rappeler que le gouvernement s’est accordé une augmentation de 30 % d’enrichissement et de rattrapage, et qu’il a offert 21 % au corps policier (qu’ils ont refusé), mais ne propose rien de mieux que 10,3 % sur 5 ans à celles et ceux qui prennent soin des québécois(e)s et qui éduquent nos enfants.

Comme ces secteurs d’emploi sont à majorité féminine, ils font l’objet d’inégalités sociales en raison d’idéologies genrées qui engendrent une dévaluation du rôle professionnel qu’on lui accorde. La socialisation sexuelle et de genre renforce trop souvent la perception sociale que ces métiers ne sont qu’une extension des rôles traditionnels pour lesquels la société réfère à des emplois à vocation chez les femmes. Cette symétrisation des différents domaines d’emplois perpétue l’inégalité entre les femmes et les hommes.

Mme Karine Drolet, directrice générale du RGFCA, affirme « que cette offre continue d’appauvrir les femmes, qui portent en majorité sur leurs épaules le poids de réseau public ». Elle ajoute « que les femmes seront non seulement touchées en majorité par cette grève, mais elles devront également s’occuper des jeunes à la maison si les écoles ferment ; c’est un double impact ! ».

Source : Caroline Hamel

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