Par |Mylène Croteau
Le deuil animalier est une épreuve profonde et réelle, comparable à la perte d’un membre de la famille. II engendre une immense tristesse face au vide du quotidien, de la culpabilité et parfois un sentiment d’isolement si l’entourage minimise cette douleur.
Imaginez un individu, n’ayant pu procréer. II aurait voulu fonder une famille. II adopte donc un chat ou un chien. Ou les deux. Le besoin d’être un substitut parental se fait sentir. Il veut éduquer son compagnon et partager avec lui certaines de ses activités de loisirs. De plus, le fait d’être attendu au retour du travail revêt une grande importance.
Prenons maintenant l’exemple d’un couple de personnes aînées. Un canidé leur tient compagnie et cela les motive à conserver un mode de vie actif, car il a besoin de marcher. Bonaparte, Caramel, Coquine, Fido, Miloup, Tiger ou Yansue est en santé, sociable, obéissant et démontre une infinie tendresse pour ses deux humains préférés. Mais ils doivent déménager dans une résidence pour personnes âgées, sans leur bébé poilu. Là se joue un véritable drame, un déchirement sans nom.
“Parce que le départ de notre animal représente un réel deuil, les moments suivant cette perte seront difficiles à vivre et chacun le vivra différemment. Certains auront besoin que l’animal conserve encore une grande place dans leur milieu de vie en y installant son urne, ses jouets ou des photos alors que d’autres effaceront toute trace de son passage. Dans tous les cas, le deuil évoluera et traversera en général quatre grandes étapes (choc, déni, сolère et acceptation) qui vous feront vivre toutes sortes de sentiments qu’il vous faudra accepter de ressentir. Le temps pour traverser ces étapes sera différent selon chaque personne, il faut se donner le temps nécessaire.” (1)
Comment je vis le vieillissement de mon animal?
Le temps a passé trop rapidement. Je n’ai pas vu défiler ses 11 ans qui viendront en décembre. Je ressens une nouvelle émotion. Une anxiété de séparation avec ma Yansue. Oh! Ce n’est pas une angoisse sourde et invalidant mon quotidien, mais quand je la vois, j’y pense davantage. Je serai de la catégorie des inconsolables. Je le dis franchement. J’aimerai autrement, différemment, et créerai une autre relation avec un autre petit être canin merveilleux. Je ne suis pas pressée, ma Yansue est là, toute frétillante, son horloge interne sachant que je m’en reviens bientôt à notre domicile. Son monde. Et le mien. Le nôtre.


Yansue est l’adorée toison dorée de sa “maman humaine” Mylène.
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