Par | Mylène Croteau
Le Syndrome du paradis
Souvent, juste avant de partir en vacances, l’on commence inconsciemment par ralentir notre rythme de travail, l’on prend un peu plus de temps pour nous, l’on retrouve les joies d’être dehors, en famille ou avec des amis, l’on se couche un peu plus tard. Pour d’autres, c’est le « sprint intellectuel » pour fignoler des dossiers plus importants ou en avancer d’autres pour le retour au boulot. Peu importe comment l’on s’y prend, le stress accumulé peut déferler dans notre corps en un tsunami de « rhume des foins », d’allergies saisonnières », ou en « grippe estivale » dès que le corps relâche la pression. Parce que lorsque nous sommes au travail, notre organisme est en mode défense. Mais de quoi?
De la pression générée par le souci de la performance où l’on exige de notre cerveau une efficacité cognitive soutenue, une concentration quasi infaillible et des réponses adéquates à divers stimuli. Dès que l’on relâche ces mécanismes fonctionnels imposés par l’environnement « travail », le corps se détend rapidement, un peu comme la corde d’un violon qui se casse soudainement. Et le phénomène peut être plus prépondérant selon le type d’emploi occupé (charge mentale), le nombre d’heures passées au travail, l’accumulation de plusieurs emplois, la capacité à gérer le stress, l’âge de la personne salariée et son état de santé global.
Le stress n’est pas une maladie, mais il affecte dangereusement le système immunitaire, en le noyant dans une hormone appelée le cortisol. Le travailleur se programme donc mentalement pour aller au travail comme si c’était une bataille à livrer, et ressent même du plaisir, chose confirmée par la présence d’adrénaline. Ce joli cocktail hormonal va permettre au corps de ne pas flancher, mais le met dans un état d’usure et de dysfonctionnement qui va croissant avec les années : fatigue à répétition, douleurs dans le bas du dos, troubles digestifs, inflammation du foie, tension mentale et musculaire permanente, accélération du rythme cardiaque et de la pression artérielle, humeur toujours très réactive, etc. Le terrain de l’individu se fragilise peu à peu. – (/www.orthoacademie.com)
L’arrivée des vacances peut donc être synonyme de « bobos » diffus, de céphalées vagabondes, qui viennent et repartent, d’un sentiment de fatigue physique intense, d’un « brouillard mental » et s’accompagner de la perte de jouissance des premières journées de vacances, carrément. Et le lit devient un précieux allié dans la récupération des énergies. Connu sous le nom de «Syndrome du paradis» ou de «Maladie des loisirs», cet état de santé doit être prit au sérieux. Le stress du travail est la cause numéro un de ce syndrome.» – (/www.orthoacademie.com)
Pourquoi j’étais fatigué avant les vacances et que je le suis encore à la reprise du travail?
Parce que au début des vacances tant attendues ou à la rentrée au travail, ce phénomène biologique est normal. Pourquoi? Parce que le corps réagit aux modifications biologiques qui lui sont ordonnées : l’on passe de la liberté de la planification du temps libre pendant les vacances à celui contraint par les horaires, les logistiques indépendantes de notre volonté ou encore la nervosité de reprendre le travail, laquelle se transforme en stress, inévitablement.
Ces changements induisent une désynchronisation qui dure environ huit à dix jours, très énergivore pour notre horloge biologique, explique le chronobiologiste Damien Davenne. Notre horloge biologique est le chef d’orchestre donnant le tempo à tous nos organes. Quand elle cherche à s’adapter au nouveau rythme – qu’il soit naturel ou contraint par l’environnement -, notre énergie n’est pas au service du reste, des autres organes, du système immunitaire … Ce qui explique la sensation de fatigue ou encore le fait de tomber malade plus facilement. Et plus les variations sont brutales, plus l’adaptation est coûteuse. – www.lesechos.fr/travailler-mieux
Comment éviter le Syndrome du paradis?
En vacances, il vous faudrait au moins prendre quinze jours de congé pour profiter de la reprogrammation de votre horloge biologique, bien se reposer et être bien dans son corps, dans sa tête.
Au moment de la reprise du travail, il est toujours recommandé de bien dormir en écoutant son propre besoin. Dans la population française – et je suppose que ces données seraient similaires pour le Québec, il y aurait, en moyenne, 25% de petits dormeurs (moins de 8 heures de sommeil), 25% de gros dormeurs (plus de 8 heures de sommeil) et 50% de dormeurs intermédiaires (entre 8 et 8 heures trente de sommeil). Tout comme 25% des gens seraient plus efficaces le matin, dès 8 heures, 50% en après-midi et 25% le soir.
Je suis soulagée. Bien que j’ai apprécié mes mandats professionnels antérieurs, et celui que j’exécute actuellement, je comprends mieux mon corps au retour des vacances! En parlant avec des personnes récemment, j’ai aussi su que je n’étais pas la seule : certains éprouvent même des problèmes de sommeil passagers deux ou trois journées avant le retour au travail.
Allez, madame moi! Un autre 365 jours de travail pour réclamer le droit à mes prochaines vacances estivales. Et si je me disais que je suis en vacances (au moins un peu) chaque jour? Pourrais-je programmer mon cerveau à ressentir moins de stress tout en étant aussi productif?
Il semblerait que oui, selon les études! Car, un cerveau, ça se programme.
- Finalement, j’haïs toujours autant l’été. Au secours, je transpire. Arkkkkkk - 9 août 2026
- L’histoire de la famille Champoux de Disraeli - 9 août 2026
- Armande Leroux, 1955-2026 - 5 août 2026
Le Cantonnier – Journal communautaire : Disraeli, Coleraine Un journal communautaire qui nous rassemble

