Le temps des sucres au Québec

Par Guy Toupin

L’acériculture, par définition, est un concept global. C’est d’abord un lieu physique, la sucrerie (l’érablière), puis la fameuse cabane à sucre, une icône pour la représentation des produits qui font l’envie, un cadre festif, un vocabulaire vernaculaire, une mémoire collective.

Tous les ingrédients sont là pour que l’on considère l’acériculture au Québec comme un bien culturel unique dans notre patrimoine.

Dans la tradition au Québec, la cabane à sucre est le lieu privilégié de la production des produits de l’érable. Elle reflète la convivialité, l’adaptation et le gros bon sens.

Témoin indiscutable, cette toile de la fin du XIXe siècle symbolise à merveille toute la période d’utilisation de ce système artisanal. Durant plus de trois siècles, la récolte se fit invariablement de cette manière. Gracieuseté

Le temps des sucres a des traditions et un sens esthétique qui lui sont propres. La visite printanière de la famille et des proches est sobre et dénudée de cérémonial. L’expression populaire tout le monde est bienvenu à la cabane ne se dément jamais. Une chanson populaire le prouve hors de tout doute.

On a beau dire, il n’y a que trois étapes majeures dans l’histoire acéricole au Québec.

Au début du XXe siècle, une nouvelle industrie réagit rapidement et ne propose rien de moins qu’un changement radical dans la manière de faire les sucres. Nous présentons maintenant la brochure la plus significative, et de ce fait la plus importante dans sa catégorie concernant l’acériculture dans la province de Québec. Il s’agit à la fois d’une brochure publicitaire, certes, mais aussi d’un guide complet pour qui veut organiser une érablière pour une production optimale, autour d’une nouvelle construction : la cabane à sucre. Une nouvelle approche de l’industrie est proposée par la compagnie The Grimm Mfg. Co. de Montréal en 1909. Il s’agit de la première brochure publicitaire réalisée en français pour l’industrie du Québec. La compagnie s’adresse directement aux acériculteurs francophones, qui représentent 95 % des producteurs du pays. Gracieuseté

Tout d’abord, la transmission de la façon de faire des Amérindiens aux Français. Donc, la prise en charge par ces derniers et l’évolution normale qui s’ensuit. Il faut mentionner que les Français avaient plus de ressources technologiques, comme le travail des métaux, l’utilisation des chaudrons en cuivre et en fonte ainsi que l’accès au vilebrequin pour l’entaillage.

L’évolution de la pratique acéricole au cours des âges, jusqu’à la modernité et la qualité des produits. Voilà le fil conducteur de l’histoire du temps des sucres. Il s’agit simplement de rappeler l’histoire évolutive d’une industrie qui est aussi la plus ancienne tradition du Québec. La convivialité légendaire du lieu et la sociabilité du temps des sucres doivent être mises en évidence pour rappeler cette tradition ancestrale unique. Les retrouvailles après l’hiver, de la parenté, des amis, des voisins, sans oublier la fin du carême, se prêtent à merveille à la fête du temps des sucres. Les expressions le temps des sucres, et allons à la cabane à sucre font partie de ces manifestations, et constituent une réalisation originale de notre culture. Gracieuseté

Ce qui donne la fameuse cabane à sucre, genre tipi, qui sera en usage durant plus de trois siècles. Le bouillage se fait avec de gros chaudrons en fonte, spécifiquement conçus pour les sucres et fabriqués, à partir de 1723, aux Forges du Saint Maurice. L’utilisation de goudrelles en bois et d’auges comme récipients pour recueillir la sève. L’emploi de barils en bois comme réserves, soit pour le transport ou comme réservoir près du chaudron, la raquette, le joug d’épaule et les sauts pour recueillir la sève.

Ce principe simple mais efficace pour transformer la sève en sucre sera utilisé jusqu’à la fin du XIXe siècle. Et ce même si ce système du chaudron a persisté durant trois décennies au XXe siècle.

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