Une habitude que nous avons et qui nous est essentielle c’est bien de faire l’épicerie une fois semaine. D’ailleurs la journée privilégiée pour cette occupation semble être le jeudi pour bien des gens. Quand arrive cette journée là; c’est la frénésie dans les allées du super marché. Je ne sais trop pourquoi, on part de chez-soi avec l’idée de se débarrasser de cette tâche le plus rapidement possible. C’est la course contre la montre! Il faut faire vite ! Allez, on fonce ! On stationne l’auto le plus près de l’entrée possible. On prend un panier et notre liste dans les mains on prend l’allée déjà embourbée ! Hé hop c’est parti ! À peine débuté, on s’aperçoit vite que ce sera une course à obstacles. Comme d’habitude ! Ce sera plus long que prévu. Beaucoup de personnes ont choisi la même journée que nous et la même heure. C’est à croire qu’ils le font exprès ! J’aperçois déjà cette vieille dame, toujours la même au centre de l’allée, appuyée sur son panier qui jase avec une autre personne. Il y a aussi celui-là qui penché; cherche désespérément l’article qu’il consomme habituellement mais qui ne le trouve pas. Un autre monsieur d’un âge certain ne peut pas atteindre ce qu’il désire, parce que placé trop haut. Bien entendu, pas question qu’il demande de l’aide. Il y a aussi tous ceux qui tâtent fruits et légumes pour vérifier leur fraîcheur. Bien entendu les viandes sont scrutées d’un œil expert. Ils vérifient la date le poids la couleur pour s’assurer d’une bonne qualité. Mais pourquoi est-ce si long ? Je me suis posé la question. Peut-être n’ai-je pas la bonne réponse. Mais j’aime à penser que mon idée là-dessus en vaut bien une autre.
Cette dame par exemple, appuyée sur son panier. Elle évite peut-être de s’encombrer d’une canne à cet endroit. Ce qui lui causerait un malaise, une gêne. Possible aussi qu’elle ait des maux de dos ou encore une mauvaise circulation sanguine…
Cette autre là qui jase à ne plus en finir et qui bloque l’allée. Il est possible aussi qu’elle habite seule et que ce soit sa seule sortie de la semaine où elle pourra parler, voir des gens. Elle retrouve ainsi une compagnie humaine qui lui manque tant. Ce vieux monsieur qui s’arrache les yeux pour comprendre les étiquettes. C’est important pour lui de connaître la composition des aliments qu’il consomme : sucre, sel, gluten, calories, gras etc. Sa santé en dépend.
Il y a aussi ceux qui vérifient la fraîcheur des fruits et légumes et la couleur des viandes…Ils sont en réalité les meilleurs connaisseurs qui soient, puisqu’ils ont l’expérience de toute une vie alors qu’ils ont jardiné longtemps et pris en charge bien des animaux.
Je pourrais donner beaucoup d’autres exemples. Mais c’est suffisant pour comprendre ma pensée. Je me dis aussi que ces gens là, nos aînés, sont souvent conscients de notre impatience et de notre intolérance à leur égard. Ils souhaiteraient bien ne pas en être la cause. Mais ils ont le droit et le besoin d’être là pour satisfaire leurs exigences et se sentir encore capables de vivre parmi nous.
Ah! Comme nuisance dans les allées, il y a aussi moi qui bloque le bout de cette allée, occupé que je suis à réfléchir à cet état de chose…je me sens poussé… Comme dernière réflexion je crois que je viens de faire un voyage dans le futur. Dans toutes ces personnes c’est mon père, ma mère que je vois. Ils sont le miroir de mon futur!
Pourquoi ne pas parler et sourire à nos aînés? Pourquoi ne pas les aider à atteindre cet article hors de leur portée ? Pourquoi même ne pas lire certaines étiquettes pour eux? Vous me direz qu’il y a des commis payés pour ça… C’est une autre façon de voir les choses…Peut-être aussi que l’on se prive d’agréables surprises en les ignorant ?
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