Dans la série Les Belles d’autrefois : L’histoire documentée du 285, rue Guertin, à Disraeli

La toute nouvelle Auberge L’Intermède du lac
Les maisons, tout comme les personnes, naissent, grandissent, se transforment et parfois enrichissent leur milieu. Voici, en quelques paragraphes, l’histoire de cette mythique bâtisse plus que centenaire, nouvellement transformée sur le bord du lac, à proximité de la marina : l’Auberge L’Intermède du lac.

Le premier propriétaire connu du terrain (lot 66), site de l’actuelle Auberge L’Intermède, est M. Louis Théodule Beaudoin. Le 13 septembre 1897, il vend à M. Joseph Octeau les lots 65 et 66 situés en bordure du lac, le long de la rue Circulaire. M. Octeau meurt en 1901, laissant à sa veuve, Mme Angèle Turgeon, la propriété des lots 65, 66, 74 et des bâtiments qui s’y trouvent.

Le 18 mai 1906, Mme Turgeon vend à son tour au curé Joseph Arthur Hamel (troisième curé de Disraeli, de 1890 à 1926) le lot 66 de la propriété familiale. Le reste du terrain va à son fils Georges. M. le curé Hamel entreprend alors de bâtir une résidence personnelle qu’il occuperait à sa retraite. Il a même l’idée d’installer, au faîte de la toiture, une niche contenant la statue du Sacré-Cœur, que l’on peut encore apercevoir aujourd’hui. Les choses ne se passant pas comme prévu, le 4 février 1915, le curé Hamel vend sa propriété à M. Joseph Stanislas Champoux. À sa retraite en 1926, M. le curé ira vivre à Arthabaska, sa place natale.

La résidence de M. Thomas Lapointe en 1943. La photo a été prise à l’occasion de la Fête-Dieu.

Le nouveau propriétaire, M. J. Stanislas Champoux, est le fils de Petrus Champoux (frère de John) et de Philomène Brunelle. Il a vécu quelques années à Manchester NH, où il aurait fait fortune dans le commerce immobilier. Treize ans plus tard, le 11 avril 1928, il vend sa propriété à une personne bien connue dans la région : M. Thomas Lapointe. Celui-ci est né en 1876 à Ham-Nord. Au cours de sa vie, il fut gérant de la Compagnie Brompton pour le Haut-St-François, maire de Garthby puis de Disraeli et député libéral du comté de Wolfe de 1939 à 1944. Il s’impliqua beaucoup dans le développement économique et social de Disraeli. On lui doit la construction du brise-lame en face de la marina, de la première caserne des pompiers sur la rue Champlain, ainsi que la naissance de la coopérative agricole de Disraeli. M. Lapointe décède le 28 août 1945, laissant à son épouse, Marie Virginie Labrecque, la gestion de sa résidence et des nombreuses propriétés lui appartenant.

Le 9 janvier 1954, Mme Labrecque vend sa demeure à un tout nouvel arrivant à Disraeli, natif de Daveluyville, M. Marius Ouellet. Ce dernier avait acheté, déjà en 1952, la manufacture de meubles (Le Meuble de Disraeli ltée — Disraeli Furniture Ltd.), propriété de la famille Beaudoin depuis 1950. En plus de transformer et de moderniser son usine, M. Ouellet valorise aussi sa demeure familiale. Il achète quelques parcelles de terrain de ses voisins pour y aménager une piscine creusée et un terrain de tennis. Il occupe aussi le poste de maire de Disraeli en 1953-1954, celui de président de la Commission scolaire de Disraeli en plus de jouer un rôle actif au sein de la Chambre de commerce. M. Ouellet décède subitement à l’âge de 43 ans en 1964, laissant lui aussi à sa veuve, Mme Louise Fréchette, le soin de s’occuper des affaires familiales. Lorsque Mme Fréchette quitte Disraeli en août 1981 pour aller vivre à Victoriaville, elle vend alors la propriété à son fils Gilles.

Le 10 août 1998, M. Gilles Ouellet quitte à son tour Disraeli et vend sa maison de la rue Guertin à Mme Monique Lyrette et M. Michel Côté. Ceux-ci donneront une nouvelle vocation à la résidence. Ils l’agrandiront et la transformeront en un gîte touristique de type Bed and Breakfast, connu sous le nom d’Auberge des Lys d’or. Deux ans plus tard, le 19 décembre 2000, Lise St-Onge, son conjoint et son frère Denis font l’acquisition de la bâtisse. Ils lui gardent sa vocation touristique, mais en changent le nom pour Auberge de la Chanterelle.

Le 20 novembre 2008, M. Gérard Nadeau et son épouse Diane deviennent les nouveaux propriétaires du gîte touristique. Le nom Auberge de la Chanterelle est conservé. Durant les dernières années, le restaurant Casa Bianca y a loué l’emplacement intérieur de restauration.

L’Auberge L’Intermède du lac en 2021. Photo par Jean-Denis Grimard

Tout dernièrement, le 1er mars 2021, le 285, rue Guertin est devenu la propriété de Mme Véronique Béliveau et M. Éric Roy, propriétaires de L’Intermède du lac de la rue Laurier. De nouveaux et importants aménagements ont été faits à leur nouvelle propriété. La vocation touristique est conservée : sept chambres sont à la disposition des visiteurs. Dorénavant, L’Intermède du lac, devenu l’Auberge L’Intermède du lac, est au 285, rue Guertin, face au lac.

N.B. La Société historique de Disraeli tient à remercier Mme Béliveau et M. Roy de lui avoir permis de consulter les documents officiels relatifs à la propriété de leur établissement.

Au sujet Jean-Claude Fortier

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