M. Adélard Lehoux : homme d’affaires, constructeur, commerçant de bois



M. Adélard Lehoux (Gracieuseté)

Dans une chronique sur la vie industrielle de Disraeli écrite par M. Henri Doyon dans le Courrier de Wolfe en 1958, M. Doyon dit de M. Adélard Lehoux qu’il est le papa des commerçants de bois, comme on se plaisait à l’appeler à l’époque. Ses nombreuses réalisations industrielles ont marqué et marquent encore la municipalité de Disraeli depuis plus de 50 ans. Voici un aperçu de son vécu en tant qu’homme d’affaires, entrepreneur et commerçant.

M. Adélard Lehoux est né le 18 mai 1903 à Disraeli. Il était le fils de Ludger Lehoux, agriculteur, et d’Adèle Langlois. Dès son jeune âge, il s’intéressa à l’industrie forestière. Il semblerait que sa première entreprise, alors qu’il était encore jeune, fut la fabrication et la vente de manches de hache.

En 1926, il épousa Éva Camiré, fille d’Alfred Camiré et de Delphine Henri. Son épouse Éva décéda en 1928. De cette première union naquit une fille, Pauline, morte à l’âge de trois mois. Deux ans plus tard, le 24 février 1930, M. Lehoux prit pour épouse Antoinette Catellier, la fille de Georges Catellier et d’Idola Grenier. De cette seconde union sont nés six enfants : Huguette (1930-2016), Roger (1932-2021), Edgar (mort à l’âge d’un mois), Denise (1935), Jeannine (1937) et Renaud (1945-2022).

Transport de bois en face de la maison de M. Lehoux (Gracieuseté)

Son implication dans la vie économique de Disraeli tourna autour de deux grands axes : l’industrie forestière et l’expansion immobilière de la municipalité. Très tôt, il entreprit l’exploitation de la forêt en ouvrant des chantiers partout en région : à Ham-Sud, à Stratford, au lac Breeches, au lac Aylmer, à East-Broughton et même aux États-Unis, à Rumford dans le Maine.

M. Adélard Lehoux a également laissé sa marque dans la construction et la transformation domiciliaires. En 1949, lorsque la commission scolaire décida de remplacer la première école Sainte-Luce, construite en 1895 à l’angle des rues Montcalm et Saint-Thomas, devenue trop petite par une école plus moderne, il acheta la vieille bâtisse qu’il déménagea sur la rue Champoux et transforma en résidence familiale. Elle est encore habitée aujourd’hui. Une autre de ses grandes réalisations, au cours des années cinquante, fut l’achat de deux bâtisses à Vimy-Ridge et leur déménagement à Disraeli. Ces deux habitations familiales se retrouvent aujourd’hui à l’arrière du Garage Doyon sur la rue Champlain. En 1950, il fit l’acquisition du terrain vacant voisin de chez lui, situé à l’intersection des rues Saint-Antoine, Champoux et Laurier, jadis occupé par l’Hôtel Rousseau et ensuite par la mercerie de M. John Elkas. Sur ce terrain, il construisit un immeuble commercial moderne qui allait abriter la Banque Provinciale (Nationale), un commerce et trois logements situés au second étage.

Son intérêt pour l’industrie forestière l’a également amené à faire l’acquisition de plusieurs moulins à scie situés dans et aux abords des limites du village. Sa dernière grande réalisation, en 1958, fut la construction d’une nouvelle scierie, située à la sortie de Disraeli en allant vers Coleraine, qu’il exploita avec ses fils jusqu’à sa retraite. Durant cette période, sa fille Denise agissait comme secrétaire de l’entreprise alors que Jeanine étudiait à Sherbrooke dans le but de devenir infirmière. Ses fils Roger et Renaud poursuivirent l’entreprise de leur père. En 1975, Renaud devint le seul gestionnaire et réalisa la transition de moulin à scie à quincaillerie. En 2010, Vivaco (Coop des Bois-Francs) prit le contrôle et le magasin passa sous la bannière BMR qui, tout récemment, entreprit d’importants travaux de modernisation.

M. Adélard Lehoux est décédé le 7 octobre 1974 à l’âge de 71 ans. Il laissera une marque indélébile de par ses grandes réalisations.

À propos Jean-Claude Fortier

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