M. René Lavoie, dernier député du comté de Wolfe

M. René Lavoie

René Lavoie, député de l’Union nationale, fut le troisième citoyen de notre municipalité à occuper le poste de député provincial du comté de Wolfe, après les libéraux Joseph-Eugène Rhéault (1919 à 1921) et Thomas Lapointe (1933 à 1936 et 1939 à 1944), et le seul à avoir vu le jour à Disraeli.

Il est né le 24 juillet 1921, et était le fils aîné de la famille de Félix Lavoie et d’Éva Beaudoin, marchands. Vers 1930, ses parents, ainsi que plusieurs familles d’ici, quittèrent Disraeli pour suivre la Compagnie de Charles Bienvenu (Disraeli Box), à South Brookfield en Nouvelle-Écosse, pour y ouvrir une nouvelle manufacture de boîtes et de sceaux de bois. L’aventure néo-écossaise dura dix ans. Ils seront de retour chez nous vers 1940.

Lavoie fit des études classiques au Séminaire Saint-Charles-Borromée de Sherbrooke et au Séminaire du Sacré-Cœur de Saint-Victor de Beauce. À la fin de ses études, il joignit les rangs de la GRC pendant quelques années, ce qui l’a amené à parcourir le pays, puis il devint relationniste au sein de diverses entreprises commerciales.

Son implication dans la vie politique a débuté en 1952, lorsqu’il fut nommé président d’élection pour le comté de Wolfe jusqu’en 1956, et par la suite directeur du bureau du Conseil national de l’Union nationale. Candidat défait dans Wolfe à l’élection de 1960, il fut élu dans la même circonscription en 1962, 1966 et 1970. Il fut nommé whip en chef du gouvernement de 1966 à 1970, et whip en chef de l’opposition officielle de 1970 à 1973. Il ne s’est pas représenté aux élections de 1973, puisqu’à la suite de la refonte de la carte électorale de 1972, une partie du comté de Wolfe fut annexée à Richmond, et l’autre au comté de Mégantic.

Ses nombreuses années de vie en politique active l’ont amené à jouer un rôle de premier plan dans la modernisation de son village natal et de tout le comté. Il fut actif notamment lors de la réalisation d’une résidence pour personnes âgées à Disraeli. Grâce à ses multiples démarches, la Résidence René-Lavoie a vu le jour en 1968 sur le site de l’ancien couvent. Le CLSC de Disraeli va se joindre plus tard à la même bâtisse.

La Résidence CHSLD René-Lavoie

Un autre secteur dans lequel il s’est aussi fait remarquer, vers 1965-68, lors de la création des commissions scolaires régionales, fut l’édification, dans son village natal, d’une école polyvalente, ouverte officiellement en 1970, qui fait encore aujourd’hui l’admiration de toutes et de tous. On pourrait ajouter que son rôle de député d’un comté rural l’a amené à consacrer beaucoup de temps et de nombreuses interventions auprès des ministères à vocation agricole et de la voirie, pour accélérer la modernisation du réseau routier dans le comté de Wolfe.

Lavoie épousa à Montréal, le 26 avril 1943, Mme Aline Renaud, fille d’Ovila Renaud, pompier, et d’Alberta Jodoin. Le couple eut neuf enfants : André, Louis, Francine, Mario, Roch, Viviane, Dominique, Marie-Hélène et Marie-Josée. M. Lavoie passa les dernières années de sa vie chez lui, à Disraeli, respecté et honoré de tous. Il est décédé le 12 décembre 2000, à l’âge de 79 ans, soit un an après son épouse.

Afin de garder en mémoire son importante contribution dans le développement de Disraeli, le conseil municipal a nommé, à sa mémoire, une rue, la rue Lavoie, située de l’autre côté de la rivière, dans le secteur du village allant vers Stratford.

À propos Jean-Claude Fortier

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