Faut-il gagner à la loterie pour se nourrir ?

par Jean Boilard

La Maison de la famille (MDF) de Val-d’Or pourra bonifier et pérenniser ses ateliers culinaires après avoir remporté 100 000 $ dans un concours organisé.

Dans un contexte où le coût du panier d’épicerie explose, certains évoquent l’idée selon laquelle, pour bien manger, il faudrait presque « gagner à la loterie ». Mais en réalité, il existe plusieurs stratégies, adaptées aux familles et aux individus, pour nourrir sainement sans espérer un coup de chance — à condition de revoir ses habitudes d’achat et de profiter des ressources collectives.

Pourquoi l’idée de « gagner à la loterie » revient souvent

Avec l’inflation, l’augmentation du coût des aliments, de l’énergie, du logement et des transports, beaucoup de ménages se retrouvent à jongler avec un budget très serré. Dans ce contexte, l’idée qu’il faudrait un “coup de pouce extraordinaire” — comme un gros gain — pour réussir à bien manger peut sembler séduisante. Mais cette vision relève souvent du désespoir — et il existe des approches bien plus réalistes et concrètes.

Des pistes concrètes pour manger mieux sans dépenser trop

• Profiter des rabais, circulaires et programmes de fidélité

  • Vérifier les circulaires hebdomadaires ou mensuelles des épiceries, pour cibler les offres sur les produits de base ou les denrées en rabais. (Guide Alimentaire Canadien)
  • Utiliser des coupons, des promotions “achats en gros” ou des cartes de fidélité selon le magasin — ces pratiques peuvent réduire significativement le coût total des achats. (My Money Coach)
  • Acheter des marques génériques plutôt que des marques de renom : souvent le goût et la qualité sont similaires, mais le prix est nettement plus bas. (My Money Coach)

• Acheter des fruits, légumes et aliments de saison — ou congelés

  • Acheter des produits saisonniers, souvent moins chers et plus frais. En automne ou l’hiver, les légumes racines, les courges, les pommes, etc., sont généralement abordables. (canamigrate.com)
  • Quand les produits frais sont chers ou hors saison, opter pour des fruits et légumes congelés ou en conserve : souvent tout aussi nutritifs et moins chers — avec l’avantage d’une durée de conservation plus longue. (Guide Alimentaire Canadien)

• Acheter en plus grande quantité / en groupe, et congeler

  • Acheter des denrées non périssables (riz, légumineuses, pâtes, conserves) en gros lorsqu’elles sont en rabais, puis stocker ou congeler pour en profiter plus longtemps. (Guide Alimentaire Canadien)
  • Se regrouper avec des voisins, amis, ou des membres de la famille pour faire des achats collectifs — cela permet d’acheter en plus grande quantité et de partager les produits/paniers. (Credit Canada)

• Planifier ses repas et faire ses courses avec une liste

  • Planifier les repas à l’avance permet d’éviter les achats impulsifs, de mieux utiliser ce qu’on achète — et de réduire le gaspillage alimentaire. (Farber Debt Solutions)
  • Dès qu’on arrive à l’épicerie, suivre une liste : ça aide à se concentrer sur l’essentiel et à éviter les achats superflus. (Guide Alimentaire Canadien)

• Cuisines collectives, échanges, entraide locale

  • Profiter des initiatives communautaires comme les ateliers ou cuisines collectives (ceux mentionnés dans l’article d’actualité) : elles permettent de préparer des repas en groupe, de partager les coûts, de bénéficier de l’achat groupé et de réduire les dépenses.
  • Utiliser les réseaux d’entraide ou les collectifs d’achats locaux — un moyen de mutualiser les ressources et de rendre l’alimentation saine plus accessible.

• Réduire les aliments transformés, cuisiner maison

  • Les repas préparés, les produits transformés, les plats préemballés coûtent souvent davantage. Cuisiner maison avec des ingrédients simples (légumineuses, légumes, céréales, etc.) est non seulement plus économique, mais aussi plus sain. (Guide Alimentaire Canadien)
  • Préparer des repas en lot et congeler des portions permet de gagner du temps et de limiter les dépenses en nourriture “prête à manger”. (Credit Canada)

Un changement d’habitudes plus qu’un coup de chance

Ces stratégies montrent qu’il n’est pas nécessaire d’espérer “gagner gros” pour réussir à bien se nourrir. Il s’agit plutôt de changer ses habitudes de consommation : planification, choix judicieux, entraide, achats intelligents. Ce sont ces efforts, constants et réfléchis, qui permettent d’assurer une alimentation équilibrée malgré la hausse des coûts.

Dans la MRC des Appalaches, alors que les familles font face à des contraintes budgétaires grandissantes, ces pistes — simples, accessibles, parfois collectives — sont des outils concrets de résilience. Elles redonnent aux gens le pouvoir d’agir sur ce qu’ils mangent, sur comment ils le mangent… sans attendre un coup de chance.

Un appel à la solidarité locale

Mais pour que ces solutions fonctionnent réellement, la solidarité locale joue un rôle clé. Les commerces, les producteurs, les organismes communautaires et les citoyen·ne·s doivent s’impliquer : en promouvant les achats communautaires, en créant ou soutenant des cuisines collectives, en rendant l’alimentation saine plus accessible.

Parce que manger — ce n’est pas un luxe. C’est un droit. Et pour qu’aucune famille de la MRC des Appalaches ne doive “gagner à la loterie” pour se nourrir, c’est toute la communauté qui doit s’engager.


Référence :

La Maison de la famille de Val-d’Or remporte 100 000 $ pour ses ateliers culinaires

Cuisine collective du CERD

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