Forêts publiques versus production acéricole : Protéger la pérennité de la ressource

La demande relative aux produits de l’érable est en pleine expansion depuis les dix dernières années et les Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ) rendent public leur plan de développement pour les années à venir. Ce plan se veut une réponse à la Stratégie nationale de production de bois, annoncée par le ministre Pierre Dufour en décembre 2020, laquelle propose de doubler la production de bois de coupe d’ici 2080 sur les terres publiques.

Les réactions ont été nombreuses à ce plan. Comme le souligne l’Ordre des ingénieurs forestiers, qui s’est exprimé par voie de communiqué, « […] il semble que le MFFP (ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs) désire accentuer le virage valeur en mettant l’accent sur les analyses de rentabilité des opérations forestières ». Les ingénieurs forestiers s’interrogent sur la protection du capital forestier et du développement acéricole québécois et la place de l’acériculture. Sommes-nous en train de dilapider davantage nos érablières, richesses naturelles, pour fournir en bois de qualité les usines de sciage qui manquent visiblement d’approvisionnement ? La question est posée, car le plan présenté ne mentionne pas l’industrie acéricole.

Photo par Wikimedia Commons

Selon les projections du PPAQ, le Québec aura besoin de 168 millions d’entailles en 2080 si l’on veut répondre à la demande du marché mondial, ce qui représente 120 millions d’entailles de plus que les 50 millions en activité, dont les acériculteurs récolteront la sève le printemps prochain. Pour réaliser ces objectifs, les PPAQ prévoient que 30 % des nouvelles entailles projetées devront être faites en terres publiques. Rappelons que l’acériculture du Québec contribue à quelque 800 M$ au produit intérieur brut (PIB) canadien et crée plus de 10 500 emplois en « équivalent temps plein » (ou ETP, mesure utilisée pour représenter une année-personne complète d’un employé).

Dans la MRC Les Appalaches, la principale production du territoire, en ce qui concerne le nombre de producteurs, est l’acériculture avec 495 déclarants, comme mentionné dans le Plan de développement de la zone agricole, produit par la MRC Les Appalaches. Cette production est la deuxième d’importance en matière de revenus. De plus, avec plus de 3 millions d’entailles et des revenus dépassant les 21 M$, notre MRC se classe au 1er rang de la production acéricole de la grande région de Chaudière-Appalaches. Le nombre de producteurs est en hausse, de même que le nombre d’entailles.

Le territoire du Québec est riche de ses érables, et les acériculteurs aménagent et jardinent la forêt selon des principes sylvicoles reconnus assurant le maintien du capital forestier. Selon Serge Beaulieu, président des PPAQ, « […] le MFFP n’est pas suffisamment à l’écoute de la filière acéricole, un pilier pourtant important du développement économique des régions. » Une question se pose : vingt ans après « L’Erreur boréale » de Richard Desjardins, sommes-nous à la veille de « L’Erreur méridionale » ? Les PPAQ ne sont pas rassurés.

Source : Producteurs et productrices acéricoles du Québec

Au sujet Marie-Andrée Brière

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