L’arrivée des premiers colons à Garthby

Félix Vachon (Gracieuseté)

Par Carol St-Laurent

Le 4 août 1848, cinq valeureux hommes arrivèrent à pied à Garthby, en provenance de Québec, afin de venir s’y établir. Il s’agit de Félix Vachon, menuisier, Joseph Lacroix, jeune marin, François-Xavier Larrivée, François-Xavier L’Heureux et François-Xavier Mercier. Rappelons le contexte qui les incita à quitter la ville de Québec. En premier lieu, deux incendies majeurs dans la Basse-Ville, dont l’un en 1845, jetèrent à la rue de nombreuses familles.

Le gouvernement avait ouvert de nouveaux territoires à la colonisation : les Eastern Townships. Ces terrains avaient été réservés d’abord aux loyalistes et aux colons de langue anglaise. Devant le peu d’intérêt de leur part, le gouvernement, aidé du clergé catholique, invita les gens de Québec à venir s’y établir. On donna, à ces nouveaux territoires, le nom de « Terre des prêtres ».

Deux chemins, Craig et Gosford, avaient été construits en partant de Québec vers notre région. Leur entretien laissait à désirer. Nous pouvons en déduire que le voyage ne fut pas facile pour nos futurs colons. Ils mirent quatre jours pour se rendre à Garthby. Dans les documents d’archives, il n’est pas fait mention des bagages qu’ils transportaient.

Ils se sont d’abord installés sur le lot 42, situé le long de la route 161 aujourd’hui. Ce lot devint celui de Félix Vachon. Même si les lots leur étaient attribués gratuitement, certaines conditions étaient exigées pour en devenir propriétaire. Ils devaient bâtir une maison et défricher une partie du lot chaque année subséquente. Vous comprendrez que, lorsque l’on quitte Québec à pied pour se rendre à Garthby, on transporte le bagage le plus essentiel pour notre survie.

Dès leur arrivée, le travail ne manquait pas. La première tâche consistait à abattre des arbres afin de construire une maison pour se loger. L’hiver arriverait bientôt. La forêt était constituée de feuillus (érables, frênes, bouleaux, etc.) et de conifères (sapins, épinettes, pins). La deuxième tâche consistait à nettoyer et préparer le terrain en enlevant les souches en vue des semences, et la troisième à bâtir l’étable et la grange. Les souches et le bois non utilisé étaient brûlés, donnant ainsi un engrais pour la terre.

Luce Careau, épouse de Félix Vachon (Gracieuseté)

Au début de septembre, Euphrosine Bernier, l’épouse de Joseph Lacroix, arriva à pied de Québec pour rejoindre son mari. Un gros chien attelé à une charrette transportait leurs bagages et leurs deux enfants. Quel périple ! En 1849, d’autres familles vinrent s’établir à Garthby. Mentionnons l’épouse de Félix Vachon, Mme Luce Careau, ainsi que les familles Grenier, Lepage, Grégoire, Samson, Ramsay, Laroche, Leblanc, Normand, Morin, Gagné, Delisle, Vézina, Pichette et Tessier. La plupart de ces familles étaient de Québec. C’est pourquoi que l’on surnomma cette petite colonie naissante le « Petit Québec ».

La croix commémorative située sur le lot 42. (Gracieuseté)

À la fin de l’automne 1848, deux jeunes missionnaires de Saint-Grégoire et de Bécancour sont venus visiter la région. Il s’agissait des abbés Calixte Marquis et Nazaire Bellenger. Ils célébrèrent la première messe à Garthby dans la maison de M. Félix Vachon. Avant de partir, ils y plantèrent une première croix qui fut renouvelée plusieurs fois depuis. De nos jours, nous pouvons apercevoir une croix de granit le long de la route 161.

Les chemins Craig et Gosford (Gracieuseté)

Deux autres personnages sont venus supporter la petite communauté naissante. Le 23 juin 1848, M. Jean-Olivier Arcand a été nommé agent du gouvernement pour le canton de Garthby. Il vint s’établir d’abord près du lac Nicolet pour déménager ensuite sur les rives du lac Aylmer. En octobre 1851, l’abbé François-Xavier Bégin devint le premier curé résident de Garthby. La nouvelle colonie se transformait graduellement.

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