Adieu les cons : La valse des rires et des pleurs

Elle est pas belle, la vie ? C’est la question que pose le film d’Albert Dupontel, Adieu les cons, présenté au Cinéma du lac, nous faisant osciller entre les rires et les pleurs, nous présentant une vie à la fois légère et grave. C’est la bêtise humaine qui habite ce film, celle contre laquelle il nous faut nous unir pour y résister. Adieu les cons, un film sept fois oscarisé par les Français, un film intelligent, hilarant, d’une qualité cinématographique irréprochable.

Le monde du travail mis en scène dans ce film ne peut être plus déshumanisant : bloquant la promotion d’un informaticien de grand talent, condamnant une femme malade à ne pas retrouver son enfant né sous X, l’archiviste (Nicolas Marié) devenu aveugle à la suite d’une salve de projectiles tirée par les forces de l’ordre, nous voilà dans un monde multipliant les injustices chroniques. Face à ce rouleau compresseur, face à la mort qui plane, au suicide raté, l’improbable duo (Albert Dupontel et Virginie Efira) opte pour la vie, se tenant droit face à l’implacable rigidité des forces de l’ordre et de la bureaucratie.

Affiche du film Adieu les cons. Gracieuseté

Entre le drame social, le suspense et la tragédie burlesque, le récit prend la forme d’un conte invraisemblable, un mélange des genres nous faisant passer instantanément de la comédie jaune au drame social noir. L’humour décalé, la tendresse romantique et le mélodrame exubérant créent tour à tour une symbiose excessive qui ne plaira pas à tous les publics. C’est bien ce qui sort ce film du lot, qui le distingue des autres.

La réalisation cumule les plans frénétiques, des effets kitsch volontaires, révélant l’affolement des personnages dont les existences sont faussées. Cet univers sombre laisse place à une lumière empreinte d’espérance, et la musique harmonieuse se pose comme un baume sur les plaies.

Chaque scène a son moment de grâce, sa poésie, et l’émotion coule, imprévisible. On attend une fin singulière, et elle arrive simpliste, d’un opportunisme douteux, laissant un goût amer. Mais il faut se resituer par rapport à la proposition cinématographique : une fable sentimentale, une quête d’amour, une quête de l’absolue liberté, qui n’existe que sur le grand écran…

Au sujet Marie-Andrée Brière

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