Le Vignoble et Distillerie l’Incantatrice, une expérience hors du commun

Les propriétaires, Jean-Sébastien Bergeron, Kim Daniel et Billy Desmarais

C’est grâce à un travail acharné que Jean-Sébastien Bergeron et sa conjointe, Kim Daniel, avec l’aide plus récemment de leur collègue Billy Desmarais, ont mis sur pied le Vignoble et Distillerie l’Incantatrice, situé au 1431 B, rang Centre, à Beaulac-Garthby. Mes quelques visites et dégustations dans cet endroit enchanteur, doté d’un panorama à couper le souffle, m’ont toujours laissé un sentiment d’émerveillement, et c’est l’une des raisons qui nous incitent à vous le faire connaître.

Le projet initial

Le projet a débuté en 2015 et les opérations en 2018. « À l’origine, lorsque Kim et moi nous sommes rencontrés, nous étions déjà deux passionnés de spiritueux », raconte M. Bergeron. « On a voulu partir notre propre projet. Ce fut vraiment une histoire d’amour ; nous avions une passion en commun que nous voulions mettre de l’avant. Nous sommes partis à la recherche d’un endroit propice. On cherchait un sol, le terroir, un environnement favorable. Ici, ça faisait longtemps que ça n’avait pas été entretenu, ce qui est idéal pour être certifié biologique. Notre idée de départ était vraiment de concevoir un produit haut de gamme ». Et c’est ce qu’ils ont réalisé avec leur gin à l’eau-de-vie, qui est un produit hors norme, doté, comme le mentionne M. Bergeron, d’une finesse, d’une délicatesse et d’une magie qui ne s’obtiennent que par une distillation lente, et qui est conçu exclusivement à partir de produits de leur terroir. Ce dernier est réalisé à partir de vingt épices et herbes qui se trouvent sur leur terre, bien qu’ils en aient testé une centaine. Ils désiraient offrir une expérience qui se veut à la fois visuelle, olfactive, et bien sûr gustative.

Leur premier produit, l’eau-de-vie

Les difficultés

 « Au niveau de la production, comme on veut demeurer biologique et naturel, on n’ajoute rien à nos produits, ni d’ingrédients chimiques comme du sulfite, donc on ne tue pas les bactéries, ce qui demande beaucoup de patience, d’attention, d’acharnement et aussi d’amour. Quand le vin est presque à maturité, on se relaie pour surveiller, nettoyer, soutirer les vins ou les manipuler pour ne pas risquer d’en perdre. Ce qui est le plus ardu, c’est tout le côté administratif, les rapports, le suivi, les permis. La météo a aussi un impact, les sécheresses, les inondations nous obligent à innover. Cette année, il y a tellement de pluie que certains fruits moisissent et ne sont pas récoltables », nous a-t-il mentionné.

 Les réalisations

 Leur plus grande réalisation selon M. Bergeron, c’est la permanence, renouvelée chaque jour, du travail d’équipe qu’ils fournissent toutes et tous afin de focaliser sur la qualité des produits, de s’entendre et de parvenir à collaborer, à surmonter les défis que le contexte impose. La solidarité, l’esprit familial et le côté émotionnel qu’ils possèdent sont intenses. Toute l’équipe travaille dans un même objectif : un produit haut de gamme qui assure la plus grande satisfaction de la clientèle.

Des tests en cours devant l’alambic

 Les visites, les cueillettes et les produits offerts

 Outre leur eau-de-vie, la distillerie a élaboré récemment de nouveaux produits. Parmi ceux-ci, un vin de framboises jaunes au miel, en collaboration avec la Miellerie King de Kingsey Falls, un vin de framboises noires, un vin de bleuets vieilli en fût et un vin fortifié aux bleuets. Ce seront des articles parfaits pour déguster ou offrir en cadeau. Par contre, au niveau des vins de framboises, tout est déjà vendu, bien qu’ils n’en soient qu’à en faire l’étiquetage, et pour le vin de bleuets, il n’est pas prêt pour l’instant, mais tout n’est pas encore vendu. Quant au vin fortifié, seul un petit lot sera mis sur le marché, et le reste vieillira pendant deux autres années. Il y aura également un vin de framboises rouges, que M. Bergeron décrit comme un vin à cocktail. Il a soumis ce vin au restaurant L’Intermède du lac de Disraeli, qui a créé un cocktail à partir de celui-ci, avec un côté frais, parfumé et légèrement acidulé. Et c’est sans compter un vin de cassis, lui aussi parfait pour les cocktails. Bien que tous leurs produits soient pratiquement vendus d’avance, l’entreprise possède une liste de clients qui ne cesse de s’allonger. « Il existe un très grand engouement pour nos produits, c’est magique ! On veut s’assurer que les clients auront toujours un wow en les dégustant. » Et s’ils se concentrent vraiment sur le local en vendant leurs produits exclusivement à la distillerie, c’est qu’ils doivent déjà payer 40 % de taxes, et s’ils les vendaient à la SAQ, ce ne serait pas moins de 65 %.

Il est à noter que l’entreprise, outre ses produits, offre deux nouveautés cette année : des visites guidées de la distillerie et de l’autocueillette, car oui, il est possible de vous y rendre jusqu’à la première ou deuxième semaine de septembre pour cueillir des bleuets tout à fait gratuitement. Vous cueillez quatre casseaux et le cinquième est à vous ! Au plus fort de l’été, il est passé environ 600 personnes pendant une semaine pour les visites… et plusieurs sont restés ou sont revenus pour l’autocueillette !

 Les objectifs à plus long terme

« Nous sommes constamment en développement, en évolution. Tous les trois, nous avons beaucoup voyagé et nous avons l’esprit ouvert. Notre vision commune sera toujours d’offrir des produits haut de gamme, de s’améliorer tout en restant nature et écoresponsable, donc fidèles à nous-mêmes. Et aussi de toujours conserver le côté magique qui fait dire wow à toute notre clientèle. On ne veut pas trop grossir pour ne pas perdre le contrôle. »

Le Vignoble et Distillerie l’Incantatrice, c’est donc une histoire de passion qui se vit et qui se développe, et qui se partage de plus en plus.

Au sujet Guy Jacques

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