Les rites funéraire au Québec : La petite histoire

Par | Mylène Croteau

NDRL : Ce texte provient intégralement publication Facebook du groupe Le Temps d’une Paix (1980-1986).

Les rituels funéraires actuels au Québec sont largement influencés par les rites’ d’antan, résultant d’une importante évolution au courant des XIXe et XX siècle. Il s’agit également du produit de diverses influences notoires : l’Église catholique en premier lieu, mais également les influences françaises et brittaniques. Nous explorerons ici quelques-uns des pilliers des rites funéraires d’antan au Québec.

L’influence de l’Église catholique
Elle est facilement visible dans l’histoire québécoise. Les rites sont très codifiés et jusque dans les années 1960, le curé de la paroisse reste l’autorité suprême. Depuis l’extrême-onction jusqu’au cérémonies à l’église, en passant par le son du glas, l’Église fixe une ligne directrice. Le mois de novembre est voué au culte des morts. La crémation prend longtemps à s’établir et l’inhumation reste temps des veillées à la maison jusqu’en 1963 en raison de l’interdiction par le pontificat.

Le cortège
Le cercueil était porté à l’épaule par les porteurs, souvent des membres de la famille, à pieds, jusqu’à l’église. Dans les régions rurales, les familles utilisaient des véhicules agricoles (carrioles, sleigh, etc). On note l’apparition des premiers corbillards à cheval en 1805 à Saint-Augustin-de-Desmaures. Malgré la résistance du clergé, ces corbillards appartenaient aux paroisses. Les corbillards automobiles apparaissent en 1930.

La veillée funèbre
Il s’agit de l’exposition de la dépouille du défunt à la maison, veillée  jour et nuit par ses proches, jusqu’à 3 jours. Amis et famille sont invités à prier et à échanger des souvenirs. La toilette funèbre est réalisée par la famille , parfois assistée par un professionnel ou un membre de l’Église. La maison est décorée sobrement, un voile noir couvre la porte et une ambiance sombre doit régner. On y trouve des fleurs, des photos et des cartes à l’effigie du défunt. La famille offre de quoi se subsenter et de désaltérer, au grand désarroi du clergé.

Les coutumes du deuil
Les conventions du deuil nous viennent de l’époque victorienne. Pendant un an, la veuve porte le noir et un voile sombre, telle la “pleureuse”. Le veuf porte le costume et la cravate noirs. Six mois supplémentaires offrent des règles assouplies où le gris, le mauve et le blanc peuvent se mêler au noir. L’atitude sobre est de mise et la joie exubérante est d’un mauvais oeil. Certaines femmes plus âgées choisissaient même d’adopter les habits noirs du deuil par le reste de leur vie.

Source des photos : BAnQ

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