L’impact des réseaux sociaux sur le taux effarant d’anxiété chez les jeunes et moins jeunes

Depuis plusieurs années, on est bombardé de mise en garde sur l’effet qu’ont les réseaux sociaux sur les jeunes cerveaux. Les taux grandissants de dépression et d’anxiété chez les enfants et les adolescents deviennent alarmants. 

Mais pourquoi les écrans peuvent-ils être si nocifs ? C’est vrai pour la lumière bleue, mais en quoi auraient-ils une incidence sur l’augmentation du taux d’anxiété chez les jeunes ? 

On aura beau dire que le cerveau des enfants est mieux configuré pour jongler avec la réalité virtuelle, ce n’est qu’en partie vrai. On saisit moins que leur cerveau est en pleine effervescence, qu’il se construit grâce aux informations et aux expériences qu’il engrange comme le fait un ado qui mange tout ce qui lui tombe sous la dent. Il ingurgite nourriture saine et junkfood sans aucun discernement. Il grandit et il a faim. Un puits sans fond, dit-on souvent. Du côté psychique, ce phénomène est exactement le même. 

Voici une petite anecdote. 

J’ai commencé à lire très jeune. Tout m’intéressait. J’étais avide de connaître, d’apprendre. Mes parents nous encourageaient fortement à lire en lisant eux aussi. Vers l’âge de dix ans, j’ai pris, à son insu, un livre dans la bibliothèque de mon père qui traitait d’extraterrestres et d’ovnis. À l’époque, ce sujet n’était jamais évoqué ni traité dans les bulletins de nouvelles. Un sujet tabou. J’ai paniqué, j’étais désemparée. Je ne savais pas comment relier ces informations avec ma vie quotidienne. Cela dépassait mon entendement. À l’époque, et à l’instar de tous les enfants de la planète, je prenais comme vérité absolue tout ce qui était imprimé. Je n’avais de distance sur rien. Cela prend de l’expérience pour en avoir. Même si tous les récits me faisaient réagir, je savais que les contes, mes lectures préférées, étaient des histoires inventées. Elles me faisaient réfléchir sans que je les craigne. 

L’autre jour, je lisais une histoire avec ma petite fille de huit ans avant son dodo. Elle lisait un chapitre, je lisais le suivant. L’histoire, somme toute bénigne, semblait se corser. Elle me demande alors d’arrêter parce que, ne connaissant pas la suite, elle ne voulait pas risquer de faire de cauchemar, si un malheur venait à frapper le gentil crocodile dont il était question. Imaginez ! Et j’étais là, à côté d’elle, pour la rassurer

La réalité virtuelle fait peur, car nous n’avons aucune emprise sur elle. 

Les jeunes vivent de plus en plus leur vie dans un monde en ligne. Cela veut dire qu’ils ont des relations virtuelles avec leurs amis et proches, qu’ils s’informent sur internet, mais aussi qu’ils peuvent faire l’objet d’intimidation et de harcèlement en ligne. Ils développent une perception erronée de ce qu’est la vie des autres. 

On apprend à se connaître à travers le miroir de ses semblables. Nous avons accès en un seul clic à une bibliothèque virtuelle qui traite de tous les sujets. Sans discernement, sans expérience cela peut en effet, devenir terrifiant puisque nous risquons de devenir le crocodile de l’histoire. On ne peut refermer le livre pour se protéger quand on se sent vulnérable. 

Quoi faire? Déjà en être conscient et avoir suffisamment d’ouverture pour les guider. Au mieux, réfléchir avec eux sans faire de morale serait un premier pas. Donner l’exemple en fermant nos propres écrans à l’occasion. Je crois aussi qu’il devrait y avoir de la formation à l’école qui permettrait à ces jeunes esprits de distinguer le faux du vrai en fonction de leurs préoccupations et de leur âge. Apprendre à réfléchir et à forger leur propre esprit avec et grâce aux réseaux sociaux pour naviguer en toute sécurité.

Danielle Perrault est psychologue et autrice de plusieurs contes thérapeutiques, des livres «Guérir de son histoire» et «Une histoire, ça se guérit» et de 10 balados sur la santé mentale «À l’écoute de soi» accessibles sur le net.

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