Chronique de vie : nos vies nos histoires – huit fois par minute

Danielle Perrault (par Michel-Elie Tremblay)

Par Danielle Perrault

Oui je l’avoue, j’étais sceptique. L’information avait beau être validée par les neurosciences, j’avais peine à croire que nous pouvions modifier des façons d’être, ancrées en nous depuis la nuit des temps… si facilement : en y pensant huit fois par minute… jusqu’à ce que je décide de faire l’exercice.

Je vous explique : imaginez qu’une de vos habitudes est de vous comparer ; de vous dénigrer ; de vous remettre en doute, vous ôtant toute crédibilité ; de pleurer sur votre sort ; d’être impatient(e), de vous sentir coupable ; d’en chercher un ; choisissez quelque chose d’automatisé en vous, une réaction qui vous vient sans que vous n’y pensiez.

  1. Prenez-en juste conscience et puis stoppez cette idée. Un peu comme si vous faisiez un geste de la main bloquant le passage à votre train de pensées.
  2. Tournez votre regard vers le contraire de votre habitude. Par exemple, si vous prenez conscience que vous êtes en train de vous remettre en question, vous vous dites : « je suis en sécurité, je me fais confiance ». Dès que le comportement habituel, soit dans cet exemple de douter de vous, se manifeste, vous bloquez cette pensée et vous activez celle qui vous convient. Vous répétez cet exercice huit fois par minute. On continuera ainsi tant que la nouvelle habitude ne sera pas ancrée.

C’est beaucoup moins intense que ça en a l’air, rassurez-vous. Et ça fonctionne très bien. En à peine 60 jours, vous maîtriserez le tout.

Imaginez que cette seule information vous redonne plein pouvoir sur votre psyché. Activer et désactiver consciemment des circuits neuronaux. Si simple et accessible. Le corps humain m’épate. Quelle formidable et complexe machine ! Aucune invention ne lui arrive à la cheville. C’est merveilleux de le connaître et de le comprendre. Cela me fait toujours extrêmement plaisir de me sentir équipée et autonome. Cet exercice est simple. Tout ce qu’il nécessite est de vouloir en faire l’expérience et aussi, bien sûr, d’accepter de devenir conscients de nos automatismes.

  • Pourquoi se faire du mal quand on peut faire autrement ?
  • La réponse passe-partout, assez généralisée ?
  • Ce n’est pas ma faute, je suis fait comme ça. C’est ce que j’ai appris.

Si ce scénario vous convient, ça va, mais s’il vous rend malheureux, vous y pouvez quelque chose. Les choses évoluent toujours. Rien n’est fixé dans le béton. Si c’est le cas, on a, de nos jours, des outils performants pour déraciner ces croyances limitantes qui se sont implantées à notre insu.

Il s’agit de notre vie, de notre psyché, de notre passage sur cette planète. Les informations circulent à une vitesse vertigineuse sur la terre, pourquoi ne pas en profiter pour adoucir notre parcours ? Dans la nature, il est démontré qu’à un mètre de distance se trouve l’antidote d’une plante toxique. Au niveau psychique, l’antidote est la plupart du temps le contraire de ce qui nous fait mal. Par exemple, si on se brûle on met du froid. Donc, dès qu’on prend conscience que l’on pose un jugement critique sur nous, en général, c’est quand on se sent mal, on cesse immédiatement d’alimenter le langage intérieur toxique et les pensées qui y sont associées. C’est un travail de conscience. Auparavant, ce qui prenait des vies à apprendre est devenu accessible en un clic. Nous n’avons dorénavant plus d’excuses d’éviter de devenir responsables de notre équilibre.

Je vous souhaite un printemps rempli de la lumière que vous y ferez entrer… huit fois par minute… bloquez ce qui ne vous convient plus.

Danielle Perrault est psychologue et autrice de plusieurs contes thérapeutiques, des livres «Guérir de son histoire» et «Une histoire, ça se guérit» et de 10 balados sur la santé mentale «À l’écoute de soi» accessibles sur le net.

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