Une vie la tête à l’envers : Le premier livre d’une auteure jacquoise audacieuse

Par | Sylvie Veilleux

Le 9 juin, à La Cène du Lac de Beaulac-Garthby, a eu lieu le lancement d’Une vie la tête à l’envers, le 1er livre de Zarzoune Poiteau. Courageusement, cette cinquantenaire se met presque à nu en dévoilant ses expériences  pénibles d’intimidation à l’école primaire. Son récit n’est pas triste. L’écriture est comique, caustique, émotive aux dires de l’auteure. Ce livre représente une victoire pour Zarzoune. Elle a des messages à livrer aux victimes, aux bourreaux, aux parents, au personnel enseignant.

En entrevue exclusive* avec Le Cantonnier, Zarzoune Poiteau nous a confié qu’il y avait 20 ans qu’elle voulait écrire un livre. La rencontre avec Ronal Martel, propriétaire des éditions Jour et Nuit lui a permis de réaliser ce rêve d’autant plus qu’elle avait déjà beaucoup d’expérience en rédaction. En outre, de vieilles blessures ont été ravivées par la diffusion de reportages sur l’intimidation dans les écoles, de statistiques sur les actes de violence psychologique et physique commis à l’égard de certains élèves. Celle qui a pris un nom d’emprunt pour protéger la vie privée de sa famille se dit outrée de constater que 45 ans plus tard, cet aspect-là du milieu scolaire n’a pas changé. « Il est inacceptable que des enfants, des préadolescents se suicident! »

Zarzoune n’était pas capable de jouer à l’école comme tout le monde. Elle ne pouvait même pas se promener dans la rue ni dans les sentiers boisés. Elle se faisait attaquer et même plus. « Mes enseignants me disaient que je n’étais pas apte à me faire des amis. J’avais l’impression que j’étais la pourriture de la famille, celle qui rendait ses parents malheureux. J’étais incapable d’en parler. » Elle affirme que ses parents ont tout fait pour elle, mais qu’ils ont manqué de ressources.

L’intimidation vécue par l’auteure s’est transformée en troubles alimentaires au secondaire. Boulimique, anorexique, elle a passé plusieurs heures la tête à l’envers dans les cuvettes d’où le titre de son livre. Lorsque ça va mal, Zarzoune a parfois le réflexe de se replacer la tête à l’envers, mais elle s’y refuse obstinément. Elle respecte le corps qu’elle a maintenant. Cela ne l’empêche pas d’accepter mal le vieillissement, ce qui est le cas chez plusieurs femmes ayant vécu des troubles alimentaires.

L’écriture de son récit biographique rend Zarzoune très fière. Elle se sent audacieuse et victorieuse même si elle a vécu un blocage de trois mois durant la rédaction. « J’ai pris davantage conscience de mes blessures. » Cette femme libre et assumée, telle que la jeune femme que l’on voit sur la couverture de son livre, dévoile son nom réel à la fin de son œuvre. Le livre propose des photos, des micro-dessins de Yoan Dufour, jeune homme de la région aux talents artistiques uniques dans l’abstrait.

À la suite de la diffusion de son livre, l’auteure souhaite faire des conférences pour livrer des messages d’espoir. Le livre Une vie, la tête à l’envers est disponible auprès de l’auteure au coût de 25 $. Un 2e livre portant sur des fictions devrait voir le jour.

* L’entrevue intégrale est disponible en balado sur le site web du Cantonnier (voir page C9)

À propos Mylène Croteau

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