La présence des quincailleries dans la vie des Disraelois

Les travaux de transformation et d’agrandissement entrepris par la quincaillerie BMR, en début d’été, annoncent une importante amélioration des services à la population locale, une diversification des produits offerts et un plus grand rayonnement sur les municipalités environnantes. La Société d’histoire a voulu profiter de l’occasion pour faire l’historique des différents commerces de ferronnerie, de matériaux de construction et de rénovation offerts aux gens d’ici et des environs, au cours des cent cinquante ans de son histoire.

Trois familles ou individus se sont particulièrement illustrés dans ce type de commerce : la famille d’Alfred Grégoire, M. Aimé Lavertu, et la famille d’Adélard Lehoux.

Il semblerait que le premier magasin à offrir à ses clients de Disraeli et de la région des ensembles d’ustensiles de cuisine et des produits utilitaires en métal fut le magasin de M. Alfred Grégoire, situé sur le chemin Lambton (aujourd’hui rue Champoux), et cela dès la fin du XIXe siècle. Le magasin de M. Grégoire était alors très actif, car notre municipalité connaissait une période de prospérité, causée en partie par le passage du train et par la vitalité de l’industrie forestière. À la mort de M. Grégoire en 1931, le commerce devint la propriété de son fils Paul-Alfred, qui a su moderniser l’établissement en y développant la vente d’appareils électriques et d’articles de sports. M. Paul-A. Grégoire décéda en 1954, laissant son commerce à ses deux fils, Jean-Jacques et Lionel, qui vont à leur tour moderniser le magasin et lui procurer une nouvelle expansion en le faisant entrer dans le groupe Rona. Le 18 décembre 1987, la ferronnerie fut vendue aux entreprises Distal et devint le supermarché Bruno Gagnon, sous la bannière IGA.

L’intérieur du magasin d’Alfred Grégoire vers 1900
Le magasin de Jean-Jacques et Lionel Grégoire du groupe Rona (1980)

À la fin de la Deuxième Guerre mondiale, vers 1945, M. Aimé Lavertu, fils d’Arthur Lavertu, le dernier directeur de la compagnie d’électricité St-Francis Water and Power Company, ouvrit un nouveau commerce sur la rue Champlain, à proximité du magasin Anto Sako (aujourd’hui Setlakwe). Ce magasin était surtout spécialisé dans la vente de matériaux d’entretien, de peinture et d’articles de sport.

Le magasin d’Aimé Lavertu vers 1970

Il était habituel à l’époque, lorsque les municipalités de Disraeli, village et campagne, entreprenaient des travaux d’entretien ou de modernisation, de faire appel aux deux ferronneries du village en leur demandant de soumissionner sur le coût des matériaux qu’elles s’apprêtaient à utiliser. Cette coutume était avantageuse pour tous. Le commerce de M. Lavertu fut acheté au début des années 1980 par M. Ghyslain Bélanger, qui le transforma en un magasin de vêtements. En 1992, M. Martial Matteau se porta acquéreur de la bâtisse qu’il a transformée, au cours des ans, en un magasin d’appareils électroniques.

Le magasin Adélard Lehoux et Fils vers 2000

À la fin des années 50, M Adélard Lehoux, un commerçant de bois bien en vue à Disraeli, installa un moulin à scie à la sortie du village. Au fil des ans, il ajouta à son moulin un commerce de matériaux de construction, et, aidé de ses deux fils, Roger et Renaud, il transforma peu à peu le petit magasin de bois en une véritable quincaillerie. À partir de 1975, le magasin Adélard Lehoux et Fils passa sous le contrôle de Renaud qui le dirigea jusqu’en 2010. À tout cela, il faut ajouter que la Coopérative Agricole de Disraeli, fondée en 1934, offrait depuis un certain temps à sa clientèle les services de quincaillerie dans son édifice de la rue Champlain. Celui-ci fut acheté par la Coopérative des Bois-Francs, qui plus tard sera connue sous le nom de groupe Vivaco. En 2010, cette même compagnie procéda à l’acquisition d’Adélard Lehoux et Fils, laquelle opérera désormais sous la bannière BMR. C’est Vivaco qui, présentement, procède à la reconstruction et la modernisation de ce qui fut, à une certaine époque, le magasin Adélard Lehoux et Fils Ltée.

À propos Jean-Claude Fortier

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