Les couleurs de l’automne 2020

« Me semble que les feuilles des arbres ont commencé à rougir plus tôt, cette année ! » N’auriez-vous pas entendu cela au début de cet automne ? Les feuilles rouges étaient-elles en avance cette année ? Si oui, pourquoi ?

Doctorant en foresterie à l’Université Laval, Alexandre Morin-Bernard partage l’impression que les feuilles ont commencé à changer de couleur plus tôt que d’habitude cette année. On sait que les feuilles des arbres commencent à changer de couleur vers la fin septembre au Québec à cause de la diminution du nombre d’heures d’ensoleillement. Mais M. Morin-Bernard précise que la durée du jour ne varie presque pas d’une année à l’autre. Alors, il y a d’autres facteurs qui entrent en ligne de compte pour retarder ou devancer le changement de couleur, notamment la température.

Photo prise le 24 septembre 2020 Photo par Jacques Beaudet

Quand il fait plus chaud, les arbres en profitent pour continuer à faire de la photosynthèse afin d’augmenter leurs réserves autant que possible. Les feuilles restent vertes plus longtemps. Mais les années froides, la dégradation se fait plus rapidement, et le jaunissement des feuilles commence plus tôt. Évidemment, nuance le chercheur, on observe des différences d’une essence à l’autre. Toutes les espèces d’arbres ne réagissent pas exactement de la même façon. Mais ça demeure une règle générale, valable pour beaucoup d’arbres adaptés aux climats nordiques.

Ce n’est rien de plus qu’une hypothèse, souligne-t-il, mais le fait est que nous avons connu un épisode très froid à la fin de l’été. Entre le 26 et le 31 août, les maximums ont souvent oscillé entre 14 et 19 °C alors que la normale se situe autour de 20-21 °C. Et la nuit, il a systématiquement fait entre 5 et 9 °C, ce qui était nettement sous les moyennes saisonnières (10-11 °C). Par ailleurs, les canicules et sécheresses du début de l’été pourraient aussi, selon lui, expliquer en partie la sénescence plus rapide de certaines feuilles ou de certains arbres qui ont été davantage stressés par ces événements extrêmes. Finalement, la latitude à laquelle on se trouve peut aussi jouer : en moyenne, plus on s’approche des pôles, plus la sénescence commence tôt et plus elle est comprimée dans le temps.

Source : Le Soleil, 4 octobre 2020

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Jacques Beaudet

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